Concours ENM École Nationale de la Magistrature, galop d'essai, identité collective, histoire collective, égalité, individualisme, IEJ Institut Européen de Journalisme, démocratie délibérative, société contemporaine, Connaissance et compréhension du monde contemporain, populisme, peuple, société moderne, souveraineté du peuple
Dans le cadre de l'épreuve « Connaissance et compréhension du monde contemporain » du concours d'École nationale de la Magistrature (ENM), ce document fournit une dissertation centrée sur le sujet suivant : Le peuple.
Le terme de peuple ne s'est pas départi de ce sens péjoratif. Avant même de désigner ce qui est, il désigne en effet d'abord ce qui n'est pas : jadis, il désignait ceux qui n'étaient pas nobles, bourgeois, ni ecclésiastiques. En son sens moderne, il comprend, comme le remarque Jacques Le Goff, « ce qui n'est pas savant, scientifique, rationnel, noble, etc. ». Le « peuple » caractériserait ainsi l'innommé, l'oublié, la frange de la population qui ne peut être décrite, celle qui ne bénéficie d'aucun rang, d'aucune qualité particulière propre à la désigner spécifiquement. Il ne pourrait dès lors être défini que négativement, comme le reliquat, « ce qui subsiste ».
[...] Le terme de peuple ne s'est pas départi de ce sens péjoratif. Avant même de désigner ce qui est, il désigne en effet d'abord ce qui n'est pas : jadis, il désignait ceux qui n'étaient pas nobles, bourgeois, ni ecclésiastiques. En son sens moderne il comprend, comme le remarque Jacques Le Goff, « ce qui n'est pas savant, scientifique, rationnel, noble, etc. ». Le « peuple » caractériserait ainsi l'innommé, l'oublié, la frange de la population qui ne peut être décrite, celle qui ne bénéficie d'aucun rang, d'aucune qualité particulière propre à la désigner spécifiquement. [...]
[...] Mais le peuple également, en ce qu'il s'incarne dans l'État, souffre de ce même rejet : l'individu moderne ne veut se voir imposer une façon de penser, un sentiment d'appartenance, une identité collective. L'individualisme triomphant sonne ainsi le glas de l'idée même de peuple, en tant qu'elle s'est construite sur un sentiment commun. L'homme moderne est celui qui revendique des identités individuelles « à la carte », reléguant l'identité nationale au second plan, voire la niant explicitement. La promotion de l'égalité est un second facteur favorisant la désagrégation de l'idée de peuple. La promotion de la passion de l'égalité. [...]
[...] Ainsi comme l'affirmait Pierre Rosanvallon, « les multiples histoires de la liberté, de l'émancipation et de l'autonomie qui ont marqué l'expérience humaine » et qui donnent au peuple son essence sont acclimatées à une forme nouvelle de démocratie, qui tente de restaurer la fonction d'un peuple en crise d'identité et dont l'existence est sans cesse remise en question devant l'essor de l'individualisme. La mise en ?uvre d'un équilibre entre la préservation de cette fonction politique du peuple et sa perpétuelle déliquescence constituera un défi politique majeur du XXIème siècle. [...]
[...] Le peuple restauré dans l'Histoire. La naissance et l'individualisation du concept de peuple n'ont cependant pas pour origine les actes propres du peuple lui-même, mais leur description par les élites littéraires et artistiques, qu'Alain Pessin date du début du XIXème siècle. Le développement du réalisme et du naturalisme en littérature assure à ce qu'il convient d'appeler le « populisme », au sens propre, un essor certain : le peuple commence à exister en tant qu'il est décrit par Hugo et Zola et peint par Delacroix dans son célèbre tableau, La liberté guidant le peuple. [...]
[...] Le peuple manipulé : l'essor du populisme. La politique moderne incarne les dérives auxquelles peuvent mener une critique trop franche et biaisée de la démocratie représentative ainsi décrite. Le populisme constitue au XXIème siècle, pour Christophe Godin, « ce que le totalitarisme aura été au XXème siècle : pour la démocratie le principal danger ». Il incarne la perversion de la fonction du peuple dans une telle démocratie : de sujet politique, il devient un objet, voire un véritable outil politique. Une telle attitude tend à restaurer le clivage entre le peuple d'un côté, et de l'autre les élites, conçues comme un « bloc homogène et complice ». [...]
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