Droit public économique, liberté de concurrence, distribution de gaz et d'électricité, service public, sécurité des citoyens européens, CRE commission de régulation de l'energie, TRV Tarif Réglementé de Vente, souveraineté nationale, marché européen, principe de continuité du service public, transparence, fournisseurs d'électricité, Code de l'énergie, affaire Federutility, directive du 26 juin 2003, directive du 13 juillet 2009, directive du 19 décembre 1996, règlement du 5 juin 2019
Une tribune collective récente, datée du 7 février 2023, réclamait : « Pour la souveraineté énergétique de la France, réformons le marché européen de l'électricité ou quittons-le.»
Ce titre met en évidence les enjeux de la libéralisation du secteur de l'électricité, en particulier en ce qui concerne le principe de souveraineté énergétique de la France.
En effet, la libéralisation de l'électricité a été introduite par des directives européennes qui ont imposé une ouverture progressive des marchés.
Aussi, depuis la fin du XXe siècle, l'Union européenne et ses États membres se sont engagés dans une démarche de libéralisation du marché de l'électricité pour y instaurer une véritable concurrence. Cependant, cette libéralisation soulève des défis en termes de réglementation et de protection de l'intérêt public, en particulier en ce qui concerne l'approvisionnement et la stabilité du réseau.
[...] Aussi, depuis la fin du XXe siècle, l'Union européenne et ses États membres se sont engagés dans une politique de libéralisation du marché de l'électricité pour y instaurer une concurrence effective. Toutefois, cette ouverture pose des défis en matière de régulation et de protection de l'intérêt général, particulièrement en ce qui concerne l'approvisionnement et la stabilité du réseau. Ainsi, se pose la question de savoir : Dans quelle mesure l'ouverture à la concurrence du secteur de l'électricité permet-elle d'assurer une réelle compétitivité tout en respectant les obligations de service public et les impératifs de sécurité d'approvisionnement ? [...]
[...] Enfin, la jurisprudence européenne permet aux États d'intervenir pour limiter les effets de la libéralisation lorsqu'il s'agit de défendre l'intérêt général 7. En France, le principe de continuité du service public a été consacré par la loi de 2000, autorisant l'État à réguler les tarifs et à encadrer l'accès au réseau pour tous les consommateurs. À cela s'ajoute l'objectif de lutte contre la précarité énergétique, qui justifie des tarifs réglementés pour les ménages les plus vulnérables, une pratique parfois critiquée par les instances européennes, mais défendue comme nécessaire au respect des impératifs sociaux. [...]
[...] Pourtant, un consommateur peut craindre que ces procédures, même strictes, ne suffisent pas à pallier les risques de pénurie ou de défaillance. Le droit interne prévoit des mécanismes tel que le recours aux appels d'offres lorsque les capacités de production sont insuffisantes, permettant à l'État de diriger les investissements vers des infrastructures nécessaires. Ainsi, les règles d'autorisation et de suivi des installations assurent que les intérêts de la sécurité d'approvisionnement sont protégés dans un marché concurrentiel. Cela permet de concilier les objectifs de la concurrence avec les impératifs de service public (articles L311-5 et L311-10 du Code de l'énergie). [...]
[...] Ces mécanismes obligent les producteurs et fournisseurs d'électricité à maintenir une capacité excédentaire pour répondre à des hausses imprévues de la demande. Bien qu'efficaces pour éviter des coupures massives, ils représentent une charge financière supplémentaire pour les acteurs du marché, limitant la rentabilité dans un secteur déjà fortement encadré 8. En cas de menace pour la sécurité publique, la jurisprudence de la CJUE reconnaît la légitimité d'un encadrement étatique des prix et de la distribution. Cet impératif de sécurité a été validé par la Cour admettant que la continuité de service constitue une exception aux règles de concurrence. [...]
[...] Le droit de la concurrence reste un élément essentiel pour encadrer les pratiques des fournisseurs d'électricité et éviter que les grands acteurs n'abusent de leur position. La CRE, en France, s'assure que les consommateurs disposent d'informations transparentes et d'options de tarification justes, position appuyée par la jurisprudence de la CJUE en matière de protection des consommateurs 11. Elle encadre également les contrats et les conditions tarifaires pour éviter les pratiques trompeuses. Ces règles assurent un équilibre entre protection des consommateurs et concurrence équitable. [...]
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