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Exemple de commentaire de texte en droit constitutionnel - L'article 11 de la Constitution du 4 octobre 1958

Avant de commenter l'article 11 de la Constitution, rappelons que lorsque le texte que vous devez commenter (quel qu'il soit) est conséquent, il sera opportun de s'attacher à relever les mots-clés ou encore les idées principales du texte. Tel est le cas pour cet article... Il s'agit ici d'un exemple de commentaire pour cet article 11, il n'est en rien exhaustif.

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L'article 11 de la Constitution du 4 octobre 1958

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Exemple d'introduction

Édouard Balladur avait déclaré que la primauté du Président de la République (...) ne doit pas être remise en cause. Le Chef de l'État dispose de prérogatives et de pouvoirs importants et étendus prévus par le texte constitutionnel dont la consultation du peuple...

Le référendum consiste en un procédé par lequel le peuple participe à l'élaboration de la loi. Il renvoie à la démocratie semi-directe et permet à la loi de devenir parfaite par le consentement du peuple.

L'article 11 de la Constitution du 4 octobre 1958 instituant la Ve République est partie du Titre II concernant plus précisément le Président de la République et fut modifié à trois reprises depuis l'entrée en vigueur de la Constitution dont la dernière remonte à la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008. Cet article définit la procédure du référendum législatif.

Jusqu'à l'adoption de la Constitution en 1958, la pratique du référendum en France était source d'inquiétudes notamment du fait de l'utilisation des plébiscites lors du Premier et du Second Empires. De même, l'appel au peuple mettrait également à l'écart le Parlement composé de l'Assemblée nationale et du Sénat du processus législatif alors que ces deux chambres sont pourtant composantes de la représentation nationale.

Il aura alors fallu attendre l'instauration de la Ve République pour que le recours au référendum soit rétabli et devienne une technique de démocratie qui permette au peuple français de s'exprimer sur des thématiques particulières.

Même si le recours au référendum demeure en France relativement limité, le Général de Gaulle fut le Président de la République qui en usa le plus avec quatre référendums proposés à son actif entre le 8 janvier 1961 et le 27 avril 1969. Pourtant, l'article 3 de la même Constitution prévoit que le référendum constitue ce mode d'expression démocratique...

Au vu de la pratique nationale du référendum, l'intérêt de cet article 11 de la Constitution du 4 octobre 1958 réside davantage dans l'utilisation qui en a été faite plutôt que dans l'existence de cette norme constitutionnelle. Dans la pratique, les avantages du référendum l'emportent sur ses inconvénients. Le référendum ne constituerait-il pas un procédé constitutionnel au profit du Président de la République ?

Le référendum constitue une possibilité pour le Chef de l'État de consulter le peuple (I) même si la consultation du peuple par lui est soumise à des matières déterminées par le texte constitutionnel (II).

Exemple de plan

I. Le référendum : une possibilité pour le Président de la République de consulter le peuple

A. Une distinction entre la théorie et la pratique à effectuer

Lorsqu'il s'agit de l'initiative même du référendum, l'alinéa premier de l'article 11 prévoit que si le Président de la République peut proposer un projet de loi au référendum, il faut préalablement que cela s'effectue sur proposition conjointe des deux assemblées formant le Parlement ou du gouvernement lorsque la session parlementaire est effective afin que celui-ci puisse réagir.

Toutefois, la pratique se distingue de la théorie : et donc, dans tous les cas où un tel référendum eut lieu, il l'a été à l'initiative du gouvernement et jamais du Parlement.

Cette possibilité pour le Parlement de proposer au Chef de l'État une proposition de loi au référendum a été introduite en droit français par la réforme intervenue le 23 juillet 2008. Celui-ci disposera d'un délai fixé par une loi organique.

B. L'importance du rôle du Président de la République

La possibilité pour le Président de la République de recourir à l'article 11 de la Constitution est un pouvoir non contresigné même si la soumission du projet de loi portant sur les matières prévues par cet article est effectuée sur proposition du gouvernement en vertu de son alinéa premier.

Ainsi, cela montre l'importance du rôle du Président de la République en la matière en ce qu'il peut décider - ou non - de soumettre ce projet de loi au référendum plutôt qu'à la représentation nationale et donc directement face au Parlement français. Il lui reviendra aussi de promulguer la loi pour le cas où le projet aura été approuvé par le peuple, et ce, dans un délai de quinze jours en vertu de l'article 11 in fine.

En outre, le décret pris par le Président de la République de soumettre le projet ou la proposition de loi étant un acte de gouvernement, il est impossible d'effectuer un recours contre celui-ci à l'exception tout de même des décrets qui l'organisent.


II. La consultation du peuple soumise à des matières déterminées par le texte constitutionnel

A. La liste limitative des matières entrant dans le champ d'application de l'article 11

Il est revenu aux réformes étant intervenues le 4 août 1995 ainsi que le 23 juillet 2008 de modifier la liste limitative des domaines dans lequel l'article 11 de la Constitution peut être utilisé. Ces domaines ont donc été actualisés à plusieurs reprises et se sont basés sur des travaux du Comité Vedel pour la première révision et du Comité Balladur pour la seconde qui a eu pour ambition de moderniser les institutions de la Ve République.

Parmi ces matières, ces domaines de l'article 11 de la Constitution se trouvent les domaines relatifs à l'organisation des pouvoirs publics, la ratification d'un traité international lorsque celui-ci impacte sur le fonctionnement des institutions ainsi que des réformes concernant la politique économique, sociale et environnementale ; ce dernier domaine et plus précisément les politiques sociales furent fortement débattus lors de l'adoption du mariage pour les couples de mêmes sexes.

Ainsi, à titre indicatif, il est revenu à la seconde révision de 2008 de prévoir la procédure du référendum d'initiative partagée également dénommée référendum d'initiative minoritaire.

B. Le référendum législatif, un référendum en mutation

La dernière révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a introduit le référendum d'initiative partagée aux alinéas troisième et sixième dont l'initiative appartient aux parlementaires même si le soutien effectif des électeurs, des citoyens français est une condition supplémentaire à l'initiative qui leur est offerte par le texte constitutionnel.

Pourtant, il est important de noter que le texte constitutionnel ne fait référence à aucune des deux appellations de ce mécanisme : que ce soit le référendum d'initiative populaire ou d'initiative partagée. Il aura fallu attendre l'entrée en vigueur de la loi organique du 6 décembre 2013 intervenue le 1er janvier 2015 pour que le mécanisme soit mis en oeuvre.

Toutefois, une critique importante pèse sur ce mécanisme constitutionnel. C'est notamment le cas de la critique visant à dire que seuls les grands partis sont en mesure de proposer un tel référendum dans la mesure où ces derniers disposent d'au moins 185 parlementaires (condition constitutionnelle contenue à l'article 11). En fait, la démocratisation du processus législatif ne serait qu'un leurre, une illusion du fait des conditions d'application difficiles prévues par le texte constitutionnel.


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