Principe d'indisponibilité, identité de genre, droit transgenre, CEDH Convention Européenne des Droits de l'Homme, transsexualisme, état civil, liberté individuelle, ordre public, droit interne, mariage homosexuel, filiation, droit à la vie privée, dignité humaine, Droits LGBTQIA, GPA Gestation pour Autrui, article 61-5 du Code civil, loi du 18 novembre 2016, arrêt Botella, arrêt du 11 décembre 1992, arrêt Goodwin, arrêt Parry, arrêt du 4 avril 2023
Le principe d'indisponibilité de l'état des personnes, pilier du droit civil français, repose sur l'idée que les éléments constitutifs de l'identité juridique d'un individu, tels que le sexe, le nom ou la filiation, sont indissociables de l'ordre public.
Ce terme, historiquement utilisé dans le cadre médical et juridique, recouvre aujourd'hui des réalités souvent mieux décrites par le terme de « personnes transgenres ». Ces deux notions, bien que traditionnellement perçues comme opposées, se trouvent aujourd'hui au coeur d'un débat juridique majeur, où se confrontent la stabilité de l'état civil et les aspirations légitimes des personnes transgenres à une reconnaissance pleine et entière de leur identité de genre.
[...] L'évolution du principe d'indisponibilité face aux revendications des personnes transgenres Face aux revendications croissantes des personnes transgenres, le droit français a amorcé un mouvement d'assouplissement. Ce changement, porté par des avancées jurisprudentielles et des réformes législatives témoigne de la capacité du droit à s'adapter aux évolutions sociétales tout en préservant l'ordre public, non sans difficultés A. Les avancées jurisprudentielles et législatives en matière de transsexualisme La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné le raisonnement précédent dans l'arrêt Botella contre France du 25 mai 1991. [...]
[...] Ainsi, dans un arrêt du 16 septembre 2020, la Cour de cassation a rappelé que la filiation biologique d'un enfant ne peut être établie qu'à l'égard d'un « père » et d'une « mère » et que la catégorie « parent biologique » n'existait pas dans le droit positif. Ainsi, ces débats montrent que le droit des personnes reste un domaine en constante évolution, où tradition et modernité doivent trouver un équilibre durable. La récente décision de la CEDH du 4 avril 2023, concernant la parenté transgenre, illustre cette dynamique d'ouverture sur la filiation et la reconnaissance des liens familiaux, offrant aux personnes transgenres de plus en plus d'autonomie individuelle dans leurs choix. [...]
[...] Le 11 décembre 1992, la Cour de cassation a franchi un cap historique en reconnaissant, pour la première fois, le droit pour une personne transgenre de modifier son sexe à l'état civil. Cela a marqué un tournant dans la manière dont le droit français articule le principe d'indisponibilité avec la reconnaissance des droits individuels. Dès lors, une question majeure se pose : comment concilier le principe d'indisponibilité de l'état des personnes avec les revendications des personnes transgenres pour une reconnaissance pleine et entière de leur identité ? [...]
[...] Cette analyse rendait par conséquent impossible toute modification de l'état civil. En effet, la prétention du demandeur selon laquelle « le principe de l'indisponibilité de l'état des personnes ne fait obstacle qu'à des modifications volontaires de cet état et que, par suite, le transsexualisme pouvait, lorsqu'il était véritable, être pris en considération au plan juridique » avait été rejetée. Cette approche illustre l'importance accordée à l'ordre public dans l'interprétation du principe d'indisponibilité et la rigidité des magistrats à ce sujet, ignorant alors les prétentions personnelles des individus. [...]
[...] Ainsi, la CEDH a jugé que les États doivent permettre aux personnes qui ont procédé à un changement de sexe juridiquement reconnu de se marier avec une personne de leur sexe d'origine. Ces avancées, bien que qu'ancrées dans l'ordre juridique français, restent limitées et des obstacles continuent d'exister pour les personnes transgenres dans l'expression de leur autonomie individuelle. B. Les tensions persistantes entre droits individuels et ordre public Malgré les avancées réalisées, des tensions subsistent entre la reconnaissance des droits des personnes transgenres et les impératifs de l'ordre public. [...]
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