Juge administratif, acte administratif, juge pénal, poursuite pénale, exception d'illégalité, recours pour excès de pouvoir, code pénal, CEDH Convention Européenne des Droits de l'Homme, infraction pénale, condamnation définitive, délai de recours, acte réglementaire, acte individuel, force exécutoire, abrogation, contrôle de légalité, procès pénal, norme supérieure, principe de légalité des délits et des peines, arrêt du 18 mai 1998
Aujourd'hui, la fonction administrative n'est plus une simple fonction d'exécution des lois. En effet, l'acte administratif est un acte juridique adopté par une autorité administrative, qui modifie ou non des droits et obligations des administrés. L'acte administratif doit être conforme à un ensemble de règles de droit, pour respecter la hiérarchie des normes et le principe de légalité. Un acte administratif peut être un acte individuel s'il est personnel avec un destinataire spécial, ou peut être un acte règlementaire s'il est de portée générale et impersonnelle. Il existe différents types d'actes règlementaires, avec d'une part les règlements autonomes pris en vertu de l'article 37 de la Constitution, sans disposition législative nécessaire pour la compétence de l'exécutif, et d'autre part des règlements d'exécution, pris pour l'application d'une loi. Néanmoins, les règlements autonomes supposent un avis du Conseil d'État, puis doivent être signés par le Premier ministre avec le contreseing d'un ou plusieurs ministres. La procédure est très lourde, ce qui limite l'édiction des règlements autonomes et du pouvoir règlementaire de l'exécutif.
[...] La juridiction suprême de l'ordre judiciaire admet dans cet arrêt l'effet rétroactif de l'annulation de l'acte administratif sur l'efficacité des poursuites. Néanmoins, un revirement de la chambre criminelle de la Cour de Cassation a eu lieu dans un arrêt du 18 mai 1998, en estimant que « l'annulation d'un acte administratif individuel pénalement sanctionné est sans effet sur l'existence d'une infraction fondée sur la violation de cet acte ». Cet arrêt pose le principe que lorsqu'un acte administratif édicté à l'égard d'une ou de plusieurs personnes déterminées est annulé, les poursuites doivent être continuées. [...]
[...] Lorsque des poursuites ont pour fondement un acte administratif, dans quelles mesures la validité de cet acte est-elle nécessaire pour continuer les poursuites ? « L'exécutif n'a pas de volonté ni de pouvoir en dehors de la loi ». John Locke, philosophe anglais du XVIIème siècle et théoricien du droit naturel, est ensuite repris par les philosophes français du siècle des Lumières. John Locke utilise la notion d'exécution par opposition à celle de la volonté. Ainsi, la fonction exécutive doit être subordonnée à la fonction législative, en concordance avec la séparation des pouvoirs. [...]
[...] L'exception d'illégalité est soumise à un régime particulier, fixé par la jurisprudence. Elle peut être soulevée par un plaideur, par le ministère public, mais également par le juge lui-même dans le cas d'un relevé d'office au moyen d'illégalité. L'illégalité doit être invoquée « in limine litis », c'est-à-dire avant toute défense au fond, dès l'ouverture de l'audience. Une fois soulevée, l'exception d'illégalité doit obligatoirement être examinée par le juge, qui applique les critères du droit administratif. Le demandeur à l'exception d'illégalité peut contester l'acte sous tous ses aspects, c'est-à-dire sur la procédure de l'adoption de l'acte, la compétence de l'autorité administrative, les délais de procédure, mais également sur le respect de l'acte des normes qui lui sont supérieures. [...]
[...] Lorsque des actes administratifs contenant une sanction pénale sont annulés par le juge administratif, cela pose problème en matière pénale. La Constitution de la Vème République du 4 octobre 1958 est la seule Constitution de l'Histoire institutionnelle française qui confère à l'exécutif un pouvoir différent que la simple application de la loi ; ce qui a fait émerger de nouveaux enjeux dans le système juridique français. Désormais, sous l'encadrement de la Constitution, le pouvoir exécutif a une compétence règlementaire avec des règlements autonomes pouvant contenir des contraventions, c'est-à-dire qu'ils peuvent déterminer des incriminations et des peines. [...]
[...] Ainsi, lorsque des poursuites ont pour fondement un acte administratif, dans quelles mesures la validité ce cet acte est-elle nécessaire pour continuer les poursuites ? En principe, lorsqu'un acte est annulé par le juge administratif, les poursuites sont abandonnées Cependant, même lorsqu'un acte administratif est jugé légal par le juge administratif, son application est soumise au juge pénal (II). L'annulation d'un acte par le juge administratif : l'abandon des poursuites : Le principe selon lequel l'annulation d'un acte administratif entraine l'abandon des poursuites est issu d'une longue évolution jurisprudentielle de la Cour de Cassation Cette annulation a néanmoins des limites en droit pénal A°) L'évolution jurisprudentielle de la Cour de cassation jusqu'à l'abandon des poursuites : Lorsque le juge administratif annule un règlement autonome contenant une contravention, le juge pénal a dû déterminer si cette annulation avait un effet rétroactif permettant d'abandonner les poursuites fondées sur cet acte. [...]
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