Sous-traitance, contrats spéciaux, contrat de sous-traitance, faute contractuelle, lien contractuel, expertise judiciaire, responsabilité contractuelle, responsabilité du maître d'ouvrage, responsabilité du fournisseur, responsabilité du fabricant, responsabilité du sous-traitant, obligation de résultat, conditions de paiement, condition d'agrément, loi du 31 décembre 1975, article 1792 du Code civil, arrêt Besse, arrêt Qapco, contrat d'entreprise, travaux sur construction existante, garantie décennale, droit des contrats
Une société ABC, maître de l'ouvrage, a confié à la société DEF la réalisation de travaux de charpente et de couverture pour un montant total de 128 300 €. La société DEF a sous-traité une partie de la réalisation des travaux à la société GHI et en a informé le maître de l'ouvrage. La société GHI s'est approvisionnée en matériaux auprès de la société JKL, laquelle s'est fournie auprès de la société MNO, fabricante des plaques utilisées pour la couverture.
Depuis la survenance d'importantes infiltrations, un expert judiciaire a été désigné. Son rapport (18 mai 2024) conclut à un désordre rendant l'immeuble impropre à sa destination. Dans le même temps, GHI, impayée par DEF, réclame désormais 14 864 € directement à ABC.
Plusieurs problèmes se posent donc :
Est-ce que le maître de l'ouvrage est lié contractuellement à la société GHI, sous-traitant de la société DEF qui a contracté avec le maître de l'ouvrage, lui devant le non-paiement de la société DEF ?
Qui est responsable des infiltrations sur le chantier ? Envers qui le maître d'ouvrage doit-il se retourner ?
[...] De plus, le maître d'ouvrage se contentait d'échanger avec la société sous-traitante sur le chantier, selon la jurisprudence cela ne constitue pas une acceptation tacite valable. Il est donc possible de considérer que la condition d'agrément n'est pas remplie. L'appréciation de la mise en demeure de l'entrepreneur principal Le sous-traitant doit mettre en demeure l'entrepreneur principal de le payer, l'action directe n'est ouverte que si l'entrepreneur principal de règle pas un mois après mise en demeure. La Cour de cassation exige un respect strict de cette formalité, dans son arrêt du 15 septembre 2016 elle pose le principe selon lequel la mise en demeure est une condition impérative de cette recevabilité. [...]
[...] En conclusion la société sous-traitante peut être poursuivie pour faute. La responsabilité du fournisseur du sous-traitant L'arrêt de la Cour de cassation de la 3e chambre civil du 28 novembre 2001 pose le principe suivant : le fournisseur du sous-traitant engage sa responsabilité délictuelle envers le maître d'ouvrage si les matériaux fournis sont défectueux ou inadaptés. En l'espèce, la société fournisseur (JKL) a fourni au sous-traitant les plaques fabriquées par MNO. Même si le fournisseur n'a pas fabriqué les plaques, son devoir de conseil et de vérification de la conformité du produit peuvent être engagé. [...]
[...] Le sous-traitant ainsi que le fournisseur peuvent aussi voir leur responsabilité délictuelle engagé. Le fabricant engage sa responsabilité contractuelle dans la chaîne translative. Le maître d'ouvrage peut solliciter la réparation intégrale du préjudice subi qui correspond au 36 730? pour le remplacement des plaques, 4580? pour la remise en état de l'immeuble. En conclusion, le maître d'ouvrage n'a aucune obligation de payer le sous-traitant et celui-ci dispose d'un ensemble de recours lui permettant d'obtenir une réparation du désordre. [...]
[...] Selon la jurisprudence, l'absence de mise en demeure prive le sous-traitant de l'action directe. La charge de la preuve incombe au sous-traitant. Pour conclure, les deux conditions cumulatives ne sont pas retrouvées. La société GHI ne remplit aucune des conditions de l'article 12 de la loi du 31 décembre 1975. L'action directe exercée contre le maître de l'ouvrage est donc irrecevable. Le maître de l'ouvrage n'a aucune obligation par l'action directe légal de payer les ? réclamés par le sous-traitant. [...]
[...] Plusieurs problèmes se pose donc : - Est-ce que le maître de l'ouvrage est lié contractuellement à la société GHI, sous-traitant de la société DEF qui a contracté avec le maître de l'ouvrage, lui devant le non-paiement de la société DEF ? - Qui est responsable des infiltrations sur le chantier ? Envers qui le maître d'ouvrage doit-il se retourner ? Pour cela, des sous questions principales peuvent se poser : Quelle est la nature de la relation entre le maître d'ouvrage et la société sous-traitante ? [...]
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