protection juridique, joaillerie, propriété intellectuelle, droit d'auteur, droit international, contrefaçon, OMC Organisation Mondiale du Commerce, droit des marques, Arrangement de La Haye de 1925, création joaillère, luxe, bijoux, copies illicites, parasitisme, jurisprudence, Cour d'appel de Paris, affaire Van Cleef & Arpels v. Louis vuitton, Cartier, mondialisation, propriété industrielle, traités internationaux, affaire Tiffany v. Costco, Protocole de Madrid, Convention de Berne, OMPI Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, ADPIC Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce, contrefaçon de brevet
En juin 2023, la Cour d'appel de Paris a rendu une décision très médiatisée dans le secteur de la joaillerie dans laquelle la société Van Cleef & Arpels accusait la société Louis Vuitton de parasitisme à propos d'une de ses collections qu'elle estimait proche de ses motifs iconiques. Si les juges du fond ont débouté la société demanderesse, estimant que les similitudes étaient insuffisantes, cette affaire a mis en lumière les limites du droit à protéger efficacement les créations de joaillerie sur le plan international.
Des instruments de droit international existent pour protéger ces créations. Pourtant, leur mise en oeuvre dans le domaine de la joaillerie reste inégale et soulève des difficultés concrètes. L'intérêt du sujet est triple. [...]
[...] Par exemple, un bijou reconnu comme original et protégé en France pourrait ne pas bénéficier du même statut aux États-Unis, où la jurisprudence en matière de propriété intellectuelle est plus restrictive, notamment pour les objets utilitaires. Cette divergence s'est illustrée dans l'affaire Tiffany v. Costco13 où Costco commercialisait des bagues décrites comme « Tiffany style ». Dans cette affaire, la Cour d'appel américaine a considéré que l'usage du terme « Tiffany » pour désigner un style de bague constituait une atteinte au droit des marques. [...]
[...] Le coût élevé du dépôt international constitue un frein majeur. En effet, enregistrer un dessin ou modèle via le système de La Haye dans une vingtaine de pays peut représenter plusieurs milliers d'euros16, une somme souvent inaccessible pour de jeunes créateurs ou des maisons indépendantes. Ce déséquilibre financier favorise largement les grandes marques établies telles que Cartier qui disposent des ressources nécessaires pour sécuriser leur portefeuille de droits à l'échelle mondiale. Par ailleurs, en cas de litige, la difficulté à prouver l'antériorité ou la titularité des droits constitue une autre limite importante. [...]
[...] De plus, le Protocole de Madrid permet quant à lui de protéger une marque dans plusieurs juridictions par une procédure unique d'enregistrement international. Ce dispositif est largement utilisé par des maisons renommées telles que Tiffany & Co, Bulgari ou Chopard pour assurer la protection de leurs logos et autres signes distinctifs sur les principaux marchés mondiaux. Ainsi, la combinaison de ces instruments internationaux contribue à créer une architecture juridique robuste, qui offre en théorie aux joailliers une capacité de protection étendue, harmonisée et relativement accessible à l'échelle globale. [...]
[...] Dans quelle mesure la protection de la joaillerie est-elle assurée par le droit de la propriété intellectuelle dans une dimension internationale ? Sujet : La protection de la joaillerie par la propriété intellectuelle dans une dimension internationale En juin 2023, la Cour d'appel de Paris1 a rendu une décision très médiatisée dans le secteur de la joaillerie dans laquelle la société Van Cleef & Arpels accusait la société Louis Vuitton de parasitisme à propos d'une de ses collections qu'elle estimait proche de ses motifs iconiques. [...]
[...] Dès lors, il apparaît nécessaire de se demander dans quelle mesure la protection de la joaillerie est-elle assurée par le droit de la propriété intellectuelle dans sa dimension internationale ? Nous verrons que si la joaillerie peut, en théorie, s'appuyer sur un arsenal juridique international diversifié la mise en ?uvre de cette protection demeure incomplète et inégalitaire (II). I. Une protection juridique internationale théoriquement étendue pour la joaillerie La joaillerie, en tant que domaine de création à la croisée de l'art et de l'industrie, bénéficie d'une protection juridique étendue grâce à la mobilisation de divers droits de propriété intellectuelle et à un encadrement international structurant sa protection à l'échelle globale A. [...]
Bibliographie, normes APA
Citez le doc consultéLecture en ligne
et sans publicité !Contenu vérifié
par notre comité de lecture