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Cas pratique corrigé en droit pénal spécial : l'homicide volontaire

Dans ce cas pratique en droit pénal spécial, nous étudierons l'homicide volontaire et la tentative de meurtre.

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L'homicide volontaire

Credit Photo : Unsplash Edu Lauton


Énoncé du cas pratique

Lucien est le père d'Émilie, une jeune fille brillante au destin brisé par un terrible accident de voiture alors qu'elle se rendait à la faculté un matin pluvieux du mois d'octobre. Après plusieurs semaines de coma, le pronostic des médecins était sans appel : Émilie est effectivement tétraplégique.

Après plusieurs mois passés à l'hôpital, Émilie est enfin rentrée chez ses parents qui ont procédé à des travaux adéquats pour accueillir au mieux les équipements médicaux dont leur fille a maintenant besoin pour vivre. Elle ne peut se mouvoir seule et nécessite de lourds soins qui ont poussé sa mère, Liliane, à quitter son travail.

La situation est non seulement compliquée pour les parents d'Émilie, mais aussi et surtout pour elle, qui ne supporte plus les douleurs psychologiques que provoquent le handicap. Lors de la visite de sa meilleure amie, Cindy, Émilie lui fait part de son souhait de se suicider, mais elle ne peut le faire seule. Elle a besoin de Cindy.

Celle-ci acceptera par ailleurs après quelques jours d'hésitation. Or Liliane a tout entendu. D'abord choquée par les propos de sa fille, elle veut neutraliser par tout moyen Cindy.

Alors que Cindy revient chez Lucien et Liliane quelques jours plus tard, Liliane s'empare de l'arme de chasse de Lucien, vise Cindy, mais tue malencontreusement Lucien qui se trouvait derrière cette dernière et qui rentrait chez lui au même moment... Qu'en pensez-vous ?


Correction du cas pratique

Pour rappel des faits, une femme a décidé de tuer volontairement une autre personne qui s'apprêtait à aider sa fille, handicapée lourdement, à se suicider. Or au moment de tirer, la balle tue sur le coup une autre personne.

Dans quelle mesure l'erreur sur la personne entraîne-t-elle une modification des poursuites ?

La Chambre criminelle de la Cour de cassation à de nombreuses reprises, par exemple dans ses arrêts du 18 février 1922, ou encore du 4 janvier 1978, a reconnu que la personne se rend coupable d'un meurtre sur la personne à laquelle elle a en effet donné la mort même si celle-ci s'est trompée sur la personne. L'erreur de personne n'est pas prise en compte.

Dans le cas de l'espèce, l'animus necandi est caractérisé en ce qu'elle a montré la volonté de tuer la meilleure amie de sa fille. Donc, l'erreur de personne ne pourra pas être retenue.

Une autre question se pose ensuite. Ainsi, dans quelle mesure est-il possible d'envisager des poursuites pour tentative de meurtre ? La jurisprudence a considéré qu'une seule et même infraction a été commise, consommée, c'est-à-dire le meurtre de la victime.

Dans le cas d'espèce, s'il est exact qu'il y a eu un commencement d'exécution et qu'aucun désistement involontaire n'a été caractérisé, celle-ci pourrait effectivement être poursuivie pour tentative de meurtre sur la personne de Cindy.

Pourtant, la femme de la victime sera uniquement poursuivie pour homicide sur la personne de son mari, du fait de l'unique infraction qu'elle a commise.


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