Marcel Gauchet, Droits de l'homme, démocratie, libéralisme, souveraineté nationale, société démocratique, politique démocratique, crise démocratique, totalitarisme, traités internationaux, séparation de l'Église et de l'État, DLF Droits et Libertés Fondamentaux, protection des droits, critique sociale, poids des médias
Marcel Gauchet est un intellectuel qui fut parmi les premiers à s'interroger dans les années quatre-vingt sur le politique des droits de l'Homme. Dans son article « Les droits de l'Homme ne sont pas une politique », publié en 2000, Marcel Gauchet critique l'idéologie des droits de l'Homme et met en avant l'idée que les droits des individus ont contribué à modifier le contenu de la vie démocratique.
[...] Cette politique des droits de l'Homme, en tant que politique démocratique, constitue un échec. L'échec tient principalement au fait que les individus dans une société n'ont pas la maitrise de son dessein. L'idéologie de ces droits conduit néanmoins à se poser des questions car il mène à une impasse. On pourrait se poser la question de savoir si le catalyseur de cette crise ne se retrouverait pas dans une révision de la notion de démocratie. La vision des sociétés et des droits de l'Homme se transforment La relativisation des États et des nations, outils indispensables de la démocratie, seraient l'occasion de redéfinir la nature et le rôle de celles-ci dans la protection de ces droits de l'Homme. [...]
[...] Mais encore, les droits de l'Homme ne suffisent pas à définir une politique. Signe de leur renouveau et de leurs succès, les droits de l'Homme ont été transposées bien au-delà du cercle pensant et militant et connaissent depuis quelques années une ferveur retrouvée. Les droits de l'Homme contribueraient ainsi à une profonde redéfinition du monde. Historiquement, les droits de l'Homme font suite à un affrontement entre deux gauches et à l'épuisement des voies étatiques, notamment la socialisation des moyens redistributifs. [...]
[...] L'individu s'est en effet, propulsée avec une vigueur inédite sur le devant de la scène. On passerait ainsi de l'individu dit abstrait à l'individu dit concret. L'évolution dans la conception de la société fera que l'Homme des droits de l'Homme aujourd'hui n'est pas le même que celui de 1789. Ce nouvel Homme serait ainsi un Homme « détaché-en société » aussi parfaitement appartenant que pleinement indépendant. Les droits de l'Homme remplissent une fonction particulière puisqu'ils remplissent un vide. Effectivement, ils dénoncent l'insuffisance de l'état des choses en fournissant un levier puissant de transformation. [...]
[...] Cette mobilisation se révèle par une volonté nette des individus de prendre part à la réflexion et d'user de l'appareil critique. L'idéologie des droits de l'Homme est imparfaitement explicative de ce qui transcende la société. Car si elle donne une portée entière à la place importante de l'individu dans une société, cela se fait en réalité, en cacher l'autre facette de médaille qui est la société de l'individu, qui est ni plus ni moins que les conditions de possibilités effectives d'un tel primat. [...]
[...] Les droits de l'Homme sont devenus une sorte de fondements de la vie en société. Ainsi, ils seraient « une politique, et davantage, implicitement, l'âme et l'ancre de toute politique », reprenant la formule de Marcel Gauchet. Leur sacre est marqué par cependant une ambivalence : le triomphe des démocraties mêlé de leur entrée en crise. Catalyseurs d'une société démocratique, les droits de l'Homme sont également révélateurs de la modernité. Or, la modernité se caractérise depuis le XVIe siècle par l'enclenchement du processus de sortie de la religion de nos sociétés. [...]
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