Procès de Charlotte Corday, Jean-Paul Marat, période révolutionnaire, homicide volontaire, assassinat, meurtre avec préméditation, peine de mort, procédure pénale, tribunal révolutionnaire, principes d'impartialité, censure, opinion publique, décret du 9 mars 1793, Montagnards
S'opposant à la violence prônée par Jean-Paul Marat, l'un des députés montagnards les plus influents et de facto l'un des dirigeants de la République, notamment dans son journal L'Ami du Peuple, Marie Anne Charlotte de Corday d'Armont a décidé de mettre fin aux violences dirigées par ce dernier en l'assassinant. Le 13 juillet 1793, après deux tentatives infructueuses, Charlotte Corday est enfin introduite auprès de Jean-Paul Marat. Elle le poignarde dans son bain. Horrifiés par cet assassinat, les Montagnards décident d'agir vite. Ils souhaitent punir l'assassin et faire de Jean-Paul Marat un véritable martyr de la Révolution.
Les évènements se précipitent, une enquête est lancée et un jugement a lieu le 17 juillet 1793 à 8 heures quatre jours seulement après l'assassinat de Jean-Paul Marat. Le même jour, à 18h30, Charlotte Corday est guillotinée en place publique. Ce procès, l'un des plus marquants de l'époque révolutionnaire, soulève des interrogations.
[...] Elle se présente comme une personne calme et fière face à son exécution imminente ce qui a même conduit certains Montagnards à douter de la sentence dont elle a fait l'objet. La justice qui aurait dû être au c?ur du procès de Charlotte Corday a donc en réalité été manipulée pour servir les intérêts politiques les plus variés. [...]
[...] Le soin apporté à son image par Charlotte Corday permet à la presse d'en faire une héroïne comme le montre le Journal de Perlet du 21 juillet 1793 qui écrivait : « On dévore avec autant d'avidité tout ce qui tient à la personne de Charlotte Corday. C'est pour satisfaire à cette curiosité naturelle de nos lecteurs que nous rapportons l'extrait de deux lettres, écrites avant son exécution, par cette femme qu'on a appelé avec raison, l'héroïne du crime ». Durant son procès, Charlotte Corday continue de manipuler la justice à des fins politiques à travers ses prises de paroles comme lorsqu'elle prononce la célèbre phrase « j'ai tué un homme pour en sauver cent mille ». Charlotte Corday a préparé chacune de ces interventions pour marquer les esprits. Elle utilise jusqu'à son exécution pour faire passer son message politique. [...]
[...] L'engouement médiatique pour le procès de Charlotte Corday a également permis aux Montagnards et à l'accusée elle-même de manipuler la justice pour faire passer un message politique. B. La manipulation de la justice par les Montagnards et Charlotte Corday L'assassinat de Jean-Paul Marat a lieu dans un contexte politique chaotique. La guerre et les conflits armés qui ont lieu en 1793 menacent la République. L'assassinat de Jean-Paul Marat fait craindre à la République une vague d'attentats qu'il faut absolument prévenir. [...]
[...] Dans le contexte politique de 1793, le procès de Charlotte Corday a-t-il été instrumentalisé à des fins politiques en ne donnant ainsi que l'illusion de la justice ? L'apparente légalité du procès de Charlotte Corday cède rapidement face aux mépris des principes essentiels de la justice en laissant ainsi apparaître l'instrumentalisation de la justice au profit de causes politiques (II). I. Le procès de Charlotte Corday, l'apparent respect de la justice Le procès de Charlotte Corday est marqué par le respect relatif de la procédure pénale applicable en 1793 et des principes fondamentaux du droit pénal ainsi que par l'illusion de l'impartialité et l'indépendance de la justice (II). [...]
[...] L'enquête ne comporte que des éléments à charge et aucun élément en faveur de Charlotte Corday n'est rapporté. La justice a pris parti. Ainsi, si à première vue, le procès de Charlotte Corday pourrait apparaître comme respectant les principes essentiels de la justice, une étude plus approfondie de ce dernier montre que les principes les plus élémentaires n'ont pas été respectés. II. Le procès de Charlotte Corday, l'instrumentalisation de la justice Le procès de Charlotte Corday est marqué par une très grande médiatisation octroyant une place à l'opinion publique ce qui a ouvert une tribune publique aussi bien aux Montagnards qu'à Charlotte Corday elle-même A. [...]
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