Responsabilité pénale, homicide involontaire, faute médicale, consentement éclairé, droit de correction, violences volontaires, injure, injure publique, légitime défense, autorité légitime, discernement, élément matériel, élément moral, ordre de la loi, responsabilité médicale, commandement de l'autorité légitime, intérêt légitime, violence non intentionnelle, Code de justice pénale des mineurs, loi du 29 juillet 1881, code pénal
Ensemble de 2 cas pratiques :
- En 2023, dans un collège lyonnais, Monsieur MARTIN commence à dispenser son cours de mathématiques à sa classe de 3e. Anne, l'une de ses élèves, ne cesse, comme à son habitude, de perturber la classe, se levant sans arrêt, faisant des grimaces, lançant des stylos, des gommes et autres objets sur ses camarades qui n'en peuvent plus. Monsieur MARTIN la fait sortir en dépit des cris de celle-ci. Quelques instants après, Monsieur MARTIN voit la porte s'ouvrir grâce au coup de pied donné par Anne. Il se précipite et se poste devant l'entrée, faisant barrage de son corps. Anne essaie de forcer le passage, en vain, et tombe par terre. Vexée, elle traite son professeur de « bâtard, fils de p..., connard ». Monsieur MARTIN l'a alors réprimandée et a accompagné ses paroles d'un léger coup de pied dans la jambe gauche d'Anne, qui s'était relevée.
- Que peut-on reprocher au chirurgien qui perd son patient lors d'une intervention inutile ?
[...] Cela constitue une méconnaissance des règles de prudence propres à l'acte médical. 3. Le lien de causalité Il faut que le décès soit directement causé par l'intervention fautive. En l'espèce : - Le patient est décédé à la suite directe de l'opération ; - Aucun fait extérieur ou imprévisible ne vient rompre le lien de causalité. Le lien de causalité est donc direct, certain et non interrompu. L'élément matériel est donc entièrement caractérisé. Élément moral L'homicide involontaire est une infraction non intentionnelle. [...]
[...] Commandement de l'autorité légitime (art. 122-4 du Code pénal) Cette cause d'irresponsabilité suppose que l'acte ait été accompli en exécution de la loi ou d'un ordre légitime émanant d'une autorité compétente. Les conditions dont les suivantes : - Un ordre écrit ou oral donné par une autorité ; - L'ordre doit être légalement donné ; - L'acte ne doit pas être manifestement illégal. En l'espèce : - Aucun ordre n'a été donné à l'enseignant ; - Aucun texte n'autorise un enseignant à frapper un élève. [...]
[...] L'élément légal, l'élément matériel (violence physique caractérisée par un coup, même léger), et l'élément moral (intention de l'acte) sont réunis. Aucune cause d'irresponsabilité pénale ne peut être retenue : ni commandement de l'autorité légitime, ni légitime défense, ni droit de correction ne sont applicables. Il engage donc pleinement sa responsabilité pénale et encourt une peine de trois ans d'emprisonnement et ? d'amende. D'autre part, l'élève a proféré des propos injurieux en public à l'encontre de l'enseignant. Les éléments constitutifs de l'injure publique sont également réunis : propos outrageants, tenus devant un public, avec intention manifeste de nuire. [...]
[...] Sur la qualification pénale : homicide involontaire Élément légal L'article 221-6 du Code pénal réprime les atteintes involontaires à la vie dès lors qu'un comportement fautif a causé la mort d'autrui. Il ne s'agit pas ici d'un acte criminel intentionnel, mais d'un manquement à une obligation de prudence ou de sécurité, caractérisé par une imprudence, une négligence ou une maladresse. Cette infraction suppose donc : 1. Un résultat : le décès d'une personne ; 2. Un fait générateur : un comportement fautif ; 3. Un lien de causalité direct et certain entre le comportement fautif et le décès. [...]
[...] L'élément moral est également établi, le chirurgien n'ayant certes pas voulu la mort, mais ayant commis une faute d'imprudence en réalisant un acte médical non justifié. Aucune cause d'irresponsabilité pénale ne saurait exonérer le professionnel. L'ordre de la loi ne s'applique pas, puisque l'opération ne répondait à aucune exigence thérapeutique. Le consentement du patient, en l'absence d'information complète et loyale sur le caractère non nécessaire de l'intervention, ne peut être considéré comme éclairé et ne saurait justifier l'acte. Dès lors, le chirurgien engage sa responsabilité pénale pour homicide involontaire. Il encourt, en principe, une peine de trois ans d'emprisonnement et ? d'amende. [...]
Bibliographie, normes APA
Citez le doc consultéLecture en ligne
et sans publicité !Contenu vérifié
par notre comité de lecture