Femmes journalistes, reportages de guerre, DIH droit international humanitaire, protection juridique, reconnaissance juridique, conditions de travail, droit du travail, risque professionnel, arrêt du 27 mai 2020, droit à la non-discrimination, égalité des genres, convention de Genève, arrêt du 12 septembre 2019, arrêt du 14 février 2024, arrêt du 18 mai 2017, droit des médias, conflits armés
Art oratoire et plaidoirie : note de synthèse niveau Master 2 justice, procès et procédures.
Les femmes ont été, pendant longtemps, relayées au second plan du paysage médiatique. Cependant, elles ont progressivement conquis le terrain du grand reportage de guerre. Cette conquête s'est faite dans un univers initialement structuré par des logiques plutôt masculines (document n°10), avant que l'expérience du terrain ne leur donne une légitimité propre, parfois au prix d'une exposition comparable à celle des militaires combattants (documents n°4, n°9).
[...] En même temps, l'afflux de pigistes en zone de guerre, qui sont souvent sans préparation ni statut, montre une insertion par l'exposition volontaire plutôt que par une reconnaissance encadrée (document n°6). Les observations qui ont récemment été faites sur le terrain confirment de la même continuité d'engagement, surtout depuis le XXe siècle (document n°12). D'ailleurs, qu'elles soient reporters ou non, les femmes sont présentes sur les champs de bataille et sont exposées au même danger que les hommes (document n°13). [...]
[...] Un encadrement par le droit du travail en décalage Le contentieux social sui implique des femmes journalistes grand reporter démontre que leur reconnaissance juridique passe dans un premier temps à travers des litiges individuels. La Cour de cassation a ainsi annulé un licenciement pour motif économique en raison d'un manquement au reclassement, au profit d'une grand reporter (document n°1). De même, une reclassification contestée et des écarts de traitement de salaire ont abouti à une cassation (document n°11), ces décisions montrent bien que le statut réel de ces journalistes est souvent consacré par le juge plutôt que par l'organisation interne des rédactions ou même la loi. [...]
[...] Les publications récentes de grands reporters confirment la forte fréquence de missions réalisées en zones hostiles, sans réelle adaptation du cadre normatif protecteur (documents n°17 et n°21). L'ensemble de ces données montre que la réalité de la présence féminine en zone de guerre est un fait empirique, documenté par les pratiques et récits de terrain et non le résultat d'un cadre normatif. II) Une prise en compte juridique tardive restée partielle La protection juridique des reporters repose sur une protection internationale appliquée après coup tandis que leur statut est encadré par un droit du travail inadapté Une protection internationale mise en ?uvre après les atteintes Le droit international humanitaire considère les journalistes en mission comme des civiles, à condition qu'ils ne participent pas aux combats (document n°7). [...]
[...] Les femmes grands reporters de guerre et le droit Les femmes ont été pendant longtemps relayées au second plan du paysage médiatique, cependant, elles ont progressivement conquis le terrain du grand reportage de guerre. Cette conquête s'est faite dans un univers initialement structuré par des logiques plutôt masculines (document n°10), avant que l'expérience du terrain ne leur donne une légitimité propre, parfois au prix d'une exposition comparable à celle des militaires combattants (documents n°4, n°9). La présence des femmes en zone de conflit s'est en premier lieu imposée par la pratique avant que le droit intervienne à travers des mécanismes de protection et de réparation, encore partiels (II). [...]
[...] Des récits de terrain montrent quant à eux que la continuité de l'exercice professionnel coexiste avec des contraintes domestiques et familiales incompatibles avec la temporalité de la guerre, ce qui accentue le décalage entre les conditions réelles et le cadre normatif qui existe (document n°2). Enfin, la littérature socio économique souligne que les coûts humains, matériels et professionnels du métier ne sont pas suffisamment pris en charge par des règles protectrices. Dès lors, il existe un décalage entre l'utilité sociale des reportages de guerre qui sont produits et le manque de protection des journalistes qui les réalisent (document n°18). [...]
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