Procès de Charlotte Corday, Jean-Paul Marat, période révolutionnaire, Convention du 20 septembre 1792, homicide volontaire, phase d'instruction, régularité d'une instruction, flagrant délit, Tribunal révolutionnaire, décret du 9 mars 1793, meurtre avec préméditation, assassinat, peine de mort, jugement pénal, propagande, Terreur
Marie-Anne Charlotte Corday est une Normande de 24 ans vivant à Caen. Cette jeune femme républicaine est horrifiée par les excès de la Révolution. Elle en veut particulièrement à un homme, le journaliste et directeur du journal républicain "L'ami du peuple", Jean-Paul Marat, également révolutionnaire extrémiste. Le 13 juillet 1793, elle poignarde l'homme dans sa baignoire après avoir prémédité ce crime pendant plusieurs jours. Elle est jugée pour ce meurtre, qu'elle avoue immédiatement, le 17 juillet au matin. Elle ne nie pas le crime lors du procès, mais met en avant un acte politique. Le président du tribunal est persuadé qu'elle a des complices. Elle sera reconnue coupable et condamnée à mort.
[...] Il faut discréditer les faits de Charlotte Corday et légitimer le pouvoir en place. Le complot ne devient qu'une conviction morale plus qu'un véritable fait. Mais c'est au cours du jugement en lui-même que la liturgie de Charlotte Corday va véritablement apparaître (II). II/ Le jugement Charlotte Corday ne fait que, depuis le début du procès, revendiquer les faits qui lui sont imputés Le jugement n'en aura qu'une force symbolique plus grande La revendication des faits Charlotte Corday avait choisi le député girondin Doulcet de Pontécoulant comme avocat mais finalement ce fût Claude-François Chauveau-Lagarde qui la représenta. [...]
[...] =Dès le départ Charlotte affirme avoir agi seule. Pendant sa fouille, les policiers trouvent sur elle un extrait d'acte de naissance qui l'identifie clairement et un pamphlet rédigé sous forme d'adresse qui l'identifie de manière politique cette fois. Elle affirme de suite : « C'est moi qui l'ai tué ». Les autorités ne peuvent alors construire la preuve d'un complot. Elle se tiendra à cette version jusqu'à son exécution. Trois questions sont soumises aux jurés : « Est-il constant que le treize du présent mois de juillet, entre sept et huit heures du soir, Jean-Paul Marat, Député à la Convention nationale a été assassiné chez lui dans un bain, d'un coup de couteau dans le sein duquel coup il est décédé à l'instant ? », « Marie-Anne-Charlotte Corday, ci-devant Dormant âgée de vingt-cinq ans, fille de Jacques-François Corday, ci-devant Dormant ex-noble, habitante de Caen, département du Calvados, est-elle l'auteur de cet assassinat ? », « L'a-t-elle fait avec des intentions criminelles et préméditées ? ». [...]
[...] Du bon usage de Charlotte Corday. In: L'Homme et la société, N Dissonances dans la Révolution. pp. 51-60. [...]
[...] Les Girondins doivent se réfugier en dehors de Paris et notamment à Caen où ils appellent au soulèvement. Charlotte Corday assiste à leurs réunions politiques et adopte leurs idées. Marat est souvent accusé par les Girondins des crimes de la Révolution. L'homme, surnommé « l'ami du peuple » devient une cible4. En quoi le procès de Charlotte Corday a-t-il permis de faire naître la liturgie de celle-ci et l'apothéose de Marat ? Le procès doit être découpé en deux parties importantes : son instruction et le jugement en lui-même (II). [...]
[...] Mais les autorités vont juger Charlotte Corday dans les formes légales et saboter l'envie de vengeance populaire. Ainsi sa postérité n'est pas compromise. Mais il doit également répondre aux menaces pesant sur le pouvoir en place. C'est pour cela que les accusateurs doivent trouver les (voire des) complices à Charlotte Corday. Mais le procès permet aussi au gouvernement de l'époque d'affirmer son autorité face aux sans-culottes qui prônent une radicalisation de la violence. Quand Corday est sortie de l'Abbaye, des canons sont placés dans la rue afin d'éviter tout incident, et des patrouilles sont créées. [...]
Bibliographie, normes APA
Citez le doc consultéLecture en ligne
et sans publicité !Contenu vérifié
par notre comité de lecture