Le président américain, Donald Trump, a souhaité la mise en place de ce conseil de la paix afin de mettre fin à des conflits actuellement en cours, notamment le conflit prenant place à Gaza. L’adhésion à cette instance impliquerait de s’acquitter d’un ticket d’entrée d’un milliard de dollars.

Différents pays, dont la France, ont obtenu une invitation pour adhérer à ce conseil, présidé directement et personnellement par le président américain. Toutefois, le contenu de l’invitation qui a été faite par l’administration Trump semble plutôt consister en l’instauration d’une instance directement concurrente de l’Organisation des Nations Unies.

Ce conseil de la paix pose quelques questions auxquelles nous allons maintenant répondre.

Un conseil de la paix en opposition directe avec l’Organisation des Nations Unies ?

Il est indiqué dans le préambule du texte partagé aux États invités à prendre part à ce conseil que celui-ci « est une organisation internationale », dont l’objectif est de « promouvoir la stabilité, [de] rétablir une gouvernance fiable et légitime », mais aussi de permettre « une paix durable dans les régions » dans lesquelles ont actuellement lieu des conflits, ou pour lesquelles des menaces existent. Ce texte critique par ailleurs à demi-mot l’Organisation des Nations Unies, en tout cas cite les institutions internationales « qui ont trop souvent échoué », et indique qu’il est nécessaire d’avoir le « courage » de s’en défaire.

Le fonctionnement serait alors le suivant : le président américain serait le premier président de ce conseil. Il serait le seul individu autorisé soit à inviter tout autre État, soit à révoquer un État qui ferait déjà partie du conseil. Un garde-fou existerait toutefois et celui-ci réside dans la possibilité d’un veto, décidé par « une majorité des deux tiers des États membres » du conseil. Le conseil comprendrait un conseil exécutif qui serait uniquement dirigé par le président américain ; ce dernier serait assisté par 7 membres, au titre desquels l’on retrouve notamment le gendre du président américain, ou encore le secrétaire d’État américain. Il fut aussi évoqué la possibilité pour Donald Trump de demeurer à la présidence du conseil, même à l’issue de son mandat de président américain.

La charte partagée aux États invités à y prendre part indique en outre que le mandat de chaque État est porté à 3 ans ; qu’un renouvellement est possible sous réserve d’obtenir l’accord préalable du président ; et que, lorsqu’un État accepte de s’acquitter du ticket d’entrée d’un milliard de dollars, cette durée maximale du mandat ne serait pas appliquée.

Notons qu’il existe toutefois des imprécisions et que certaines déclarations sont contraires au contenu de cette charte.


Des États ont-ils déjà adhéré à ce conseil de la paix ?

Si l’annonce de ce conseil de la paix a interrogé, se pose maintenant la question de savoir si des États ont d’ores et déjà indiqué y participer ?

Ici, indiquons que Benyamin Nétanyahou a déclaré qu’Israël a accepté de faire partie de ce conseil. En Europe, sans véritable surprise, la Hongrie de Viktor Orban a indiqué que cette invitation, qualifiée d’ « honorable », à être membre fondateur du conseil, était acceptée. 

De même, le Maroc a été le premier État africain à avoir indiqué qu’il acceptait de rejoindre cette institution en qualité de membre fondateur.

D’autres États accepteront-ils ?

Comme précisé ci-dessus, la France a également été destinataire d’une invitation à prendre part à ce conseil de la paix. À cet égard, l’entourage du chef de l’État, Emmanuel Macron, a précisé qu’aucune « suite favorable » ne peut être donnée pour le moment. Ce dernier a également rappelé qu’il est nécessaire de préserver et garantir le rôle tenu par l’Organisation des Nations Unies. Qu’à cela ne tienne, le président américain avait alors indiqué, en réponse à ce refus, que les États-Unis imposeront des droits de douane de 200%, à la fois sur les vins et sur le champagne français, afin selon lui, de le pousser à adhérer.

L’Ukraine a également reçu cette invitation mais son président a annoncé que l’adhésion semble inimaginable si la Russie y participe également. Le président américain avait indiqué avoir invité Vladimir Poutine et que celui-ci avait fini par accepter l’adhésion au conseil. Toutefois la diplomatie russe a été plus prudente, en remerciant le président américain pour cette invitation, mais qu’à ce stade, l’invitation était en cours d’examen. Notons ici que l’invitation du président russe a inquiété de nombreux chefs d’État, dont le Premier ministre britannique qui a souligné le fait que Vladimir Poutine n’avait pas manqué de démontrer son manque d’intérêt pour la paix et la sécurité internationales par ses nombreuses actions, notamment, en Ukraine.

Les gouvernements britannique et allemand ont indiqué avoir reçu cette même invitation, mais qu’aucune réponse ne peut être apportée sans s’être préalablement accordés avec leurs partenaires respectifs.

Nul doute enfin que ce conseil de la paix continuera d’interroger et de faire réagir. Il nous reste pour l’heure à observer les réponses des différents États ayant été invités à y prendre part et enfin à observer les actions qui seront in fine mises en place.


Références

huffingtonpost.fr

leparisien.fr

20minutes.fr