Ces doutes sont apparus très rapidement et ont sûrement été accentués après la déclaration de Donald Tusk, le Premier ministre polonais, qui sest exprimé en ces mots : « il serait judicieux de savoir précisément qui en est lauteur et où [le plan de paix] a été élaboré ». Cette déclaration qui nest pas passée inaperçue a été effectuée peu de temps avant le début des pourparlers organisés à Genève entre les autorités ukrainiennes, américaines et européennes dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Au-delà de lorigine du plan de paix, le Premier ministre polonais sinterroge également sur le texte en lui-même, des « réserves » existant à ce sujet selon lui. Le contenu naurait pas été élaboré par les autorités américaines mais plutôt par les autorités russes. Ce plan dapparence russe aurait par ailleurs été présenté en l’état aux autorités ukrainiennes.

Pourquoi est-ce que des interrogations existent sur lorigine exacte de ce plan de paix ? Afin de répondre à cette question, il apparait important de se reporter à son contenu, ses formulations, et de mettre en avant le fait quil contient in fine des propositions pro-russes.


Des tournures de phrase empreintes de maladresse ?

Daprès une publication dAxios, le plan de paix en question a été rédigé par les autorités américaines en lien étroit avec les autorités russes. Certains observateurs, au titre desquels lon peut relever le journal britannique, The Guardian, se questionne sur une potentielle rédaction initiale en russe traduite ensuite de manière bancale en anglais. Pour avancer cela, les journalistes se fondent sur un ensemble de tournures de phrase empreintes de maladresse qui ne correspondent pas à des formulations grammaticalement correctes et usuelles en anglais.

Les différents exemples mentionnés laissent donc supposer que le texte na pas été écrit en anglais en première intention. Ici, les autorités américaines ont précisé que ce plan de paix avait été écrit puis parachevé par les émissaires des deux présidents américain et russe.

Il est sûrement surprenant que les autorités européennes et les autorités ukrainiennes (les premières concernées) naient pas été conviées lors de la rédaction et de la finalisation du document. Ce dernier constat doit être souligné dans la mesure où il participe directement aux interrogations soulevées quant à lorigine exacte du plan. 


Un contenu pro-russe ?

De nombreuses personnalités américaines ont élevé la voix contre ces doutes émis face au document présenté côté américain. À cet égard, Marco Rubio a déclaré que le plan de paix en cause n’était en rien un plan qui reprend lintégralité des revendications et prétentions (expansionnistes) russes. Pour se défendre, celui-ci a partagé une publication sur le réseau social X dans laquelle il indique que le texte a été « [rédigé] par les États-Unis », avant de préciser quil sagit dun « cadre solide de négociations » qui comprend en vérité « des éléments fournis par la partie russe mais également des apports de lUkraine ». Toutefois, les autorités ukrainiennes ne semblent pas daccord avec cette déclaration écrite, dautant plus que le texte ne contient pas de garanties de sécurité afin que soient prévenues de nouvelles attaques de la part de la Russie sur leur territoire.

Il est également opportun de souligner le contenu pour le moins pro-russe, quant aux exigences portées à l’encontre de l’Ukraine : il en ressort que le pays doit lui céder des territoires déterminés, ou encore renoncer à sa volonté d’intégrer l’OTAN. Toutefois ces exigences expansionnistes, et demandées par ailleurs de longue date par le Kremlin, sont toujours réfutées par l’Ukraine.

Indiquons finalement que l’injonction portée par le Président américain à l’endroit de son homologue ukrainien quant à l’acceptation du plan de paix, fixée au 27 novembre, ne semble réellement plus d’actualité. En effet, Donald Trump a annoncé que ce texte ne constitue pas ce qu’il considère être « sa dernière offre ». Et celui-ci de préciser que le délai attribué aux autorités ukrainiennes pour l’accepter en effet pourrait être rallongé dans le cas où la situation évoluerait favorablement du côté ukrainien.


Références

axios.com

lefigaro.fr

lemonde.fr