Contexte de l'affaire

C’est le lundi 6 juillet 2026 que Naruto et Safine ont comparu devant le tribunal correctionnel de Nice dans le cadre de l’affaire Jean Pormanove, décédé en plein direct il y a près d’un an. Ces derniers sont jugés pour « violences en réunion », « abus de faiblesse », mais également pour « violences en réunion sur mineur ».

Souvenez-vous de cette affaire qui avait fait l’objet d’une couverture médiatique importante. Jean Pormanove, partenaire de ces deux streameurs, est décédé, dans le courant de l’été 2025, à son domicile, alors qu’il effectuait son 12e jour de direct sur la plateforme Kick. À l’occasion de ce live, la victime avait fait l’objet de violence de la part de ses partenaires ainsi que des humiliations.

Indiquons toutefois que l’enquête, qui a été diligentée dans les suites de la mort de la victime, n’a établi aucun lien de cause à fait entre les violences observées et le décès qui a suivi. Ainsi, l’autopsie a permis de mettre au jour un problème de santé du streameur décédé (une hyperthyroïdie) qui a pu résulter sur des troubles cardiaques. Il n’y a pas eu d’intervention d’une tierce personne, et sa mort n’est pas non plus d’origine traumatique. C’est pourquoi la demande formulée par l’un des frères de la victime, à savoir : renvoyer l’affaire en cause devant une cour d’assises, n’a pas obtenu de réponse favorable de la part de la justice. Rappelons aussi que l’enquête sur ce volet particulier, c’est-à-dire la mort de la victime, a été classée sans suite, en février dernier.

« Faire le buzz pour gagner de l’argent »

Il est important de noter que depuis 2024, Naruto et Safine faisaient l’objet d’investigations concernant des violences observées à l’occasion des directs et autres vidéos postés sur la plateforme et à l’endroit de la victime. Un enchainement de violences et une augmentation des sévices (prenant la forme de coups ou bien d’étranglements) ont ainsi été observés.

« Faire le buzz pour gagner de l’argent » : voilà ce qu’avaient avancé les deux streameurs en guise de défense lorsqu’ils avaient été placés en garde à vue au tout début de l’année 2025. Ces derniers avaient également indiqué que toutes les vidéos étaient scriptées et que chacun avait donné son consentement préalable. Leur garde à vue n’avait pas fait l’objet de poursuite pénale.

Quelles sont les peines requises contre les deux streameurs ?

Précisons maintenant que c’est en janvier dernier que les deux compères ont de nouveau été placés en garde à vue. Ils furent par la suite mis en examen. Il leur est notamment reproché des faits de « violences en réunion », « abus de faiblesse », « diffusion d’enregistrement d’images de violences », « provocation à la haine ou à la violence », « violences en réunion sur mineur ». Notons également qu’ils ont été placés sous contrôle judiciaireCes différents chefs constituent finalement les motifs sur la base desquels ils sont jugés par le tribunal correctionnel de Nice.

C’est le 7 juillet 2026 que les réquisitions à leur endroit ont été prononcées. Ainsi, pour l’un des streameurs (Naruto), il a été requis une peine de 30 mois de prison, dont 12 mois fermes sous bracelet électronique, ainsi qu’une amende d’un montant de 30 000 euros ; pour l’autre (Safine), il a été requis 18 mois de prison avec sursis probatoire ainsi qu’une peine d’amende de 15 000 euros.

Un bannissement numérique à leur endroit a également été demandé. Il s’agit ici d’une peine qui a été introduite en droit français par la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique (ou loi SREN). Lorsqu’elle est décidée, cette peine permet de suspendre « des comptes d’accès à des services en ligne ayant été utilisés pour commettre [une] infraction » pendant 6 mois, ou un an en cas de récidive (cf. article 16 de la loi et article 131-35-1 du Code pénal). La procureure a requis une interdiction à vie de publier sur les plateformes.

Il reste pour le moment à attendre le jugement qui interviendra le 5 août 2026.


Références

Le Monde, Jean Pormanove : la mort du streameur n’a pas été provoquée par « l’intervention d’un tiers », d’après l’autopsie. (2025, 21 août). Consulté le 16/07/2026 sur : lemonde.fr

Tom Demars-Granja, Affaire Jean Pormanove : jusqu’à 30 mois de prison et un « bannissement numérique » à vie requis contre les streameurs « Naruto » et « Safine » (6 juillet 2026). Consulté le 16/07/2026 sur : humanite.fr