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Le nécessaire renforcement de l'intégration européenne en matière de sécurité

Fin février dernier, l'Ukraine a été envahie par la Russie. En réponse à cette invasion militaire, l'Union européenne est intervenue afin de décider et de mettre en place un certain nombre de sanctions de diverses natures.

Le nécessaire renforcement de l'intégration européenne en matière de sécurité de l'Union

Credit Photo : Blank map of Europe.svg: Further European Union Enlargement2.png: JLoganDerivative work: JCRules, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Loin d’avoir dissuadé la Russie de poursuivre ses opérations armées, de nouvelles sanctions sont encore à l’étude, notamment la volonté de cesser de s’approvisionner en hydrocarbures russes. La question demeure toutefois épineuse en ce que certains Etats d’Europe de l’Est et l’Allemagne en sont fortement dépendants. Cette crise est l’occasion pour nous de nous intéresser à la nécessité de renforcer l’intégration européenne. En quoi consisterait ce renforcement ?


Le conflit russo-ukrainien : des impacts sur l’Union européenne

L’Union européenne est actuellement impactée par le conflit russo-ukrainien, notamment sur le plan économique et énergétique. Il représente pour nous l’occasion de nous intéresser au nécessaire renforcement de l’intégration européenne afin de favoriser et renforcer la sécurité de l’Union dans son ensemble.
En effet, ce conflit a mis au jour la nécessité d’instaurer une réelle sécurité en matière d’énergie. Au titre des objectifs poursuivis par l’Union de l’énergie réside celui d’assurer le bon fonctionnement du marché intérieur en se préoccupant notamment de la sécurité d’approvisionnement (cf. dispositions de l’article 194, paragraphe 1er, du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne – TFUE). Force est aujourd’hui de constater que les énergies fossiles russes demeurent, pour les Etats membres de l’Union européenne (principalement les Etats d’Europe de l’Est et l’Allemagne), une source privilégiée d’énergie. Ce conflit militaire a impacté négativement cette dépendance énergétique et a démontré le caractère préjudiciable de celle-ci, de même qu’une nécessaire refonte de la politique jusqu’alors appliquée.


En outre, nous pouvons ici apporter une précision concernant la construction d’un gazoduc pour l’approvisionnement de l’Allemagne en gaz russe. Cette volonté unilatérale est le résultat pratique des dispositions de l’article 194, §2, TFUE qui attribue à chaque Etat membre de l’Union européenne de pouvoir déterminer librement « les conditions d’exploitation de ses ressources énergétiques et la structure générale de son approvisionnement énergétique ». Cependant, cet investissement colossal de la part de l’Allemagne s’est effectué au détriment d’autres investissements en matière de ressources énergétiques déjà existantes sur le territoire européen (et alors que l’Union de l’énergie s’est déjà intéressée à la diversification des ressources énergétiques en investissant dans les énergies renouvelables). De nouvelles actions doivent maintenant être mises en œuvre afin d’instaurer une meilleure indépendance énergétique.


Autre point intéressant à relever : quid de la défense de l’Union européenne ?

Le conflit russo-ukrainien a également remis sur le devant de la scène médiatique la question de la défense de l’Union. Tout d’abord l’Union européenne demeure encore trop dépendante de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Pour sa part, la politique de sécurité commune est à parfaire et à renforcer. En vérité, ce conflit a démontré la nécessité de renforcer l’intégration en matière de défense, ce qui passerait plus que tout par l’établissement d’objectifs précis par et pour les Etats membres. Il apparait tout de même opportun de noter le fait que l’Union européenne, sur le plan strictement diplomatique, reste efficace, notamment par les prises de positions de la Présidente de la Commission européenne.  
Sous ces différents rapports, le sommet de Versailles des 10 et 11 mars dernier a permis de préciser les contours de ce nécessaire renforcement de l’intégration européenne.


Le sommet de Versailles des 10 et 11 mars 2022 : quelles avancées notables ?

Outre la réitération du plein soutien des Etats membres de l’Union européenne au profit de l’Ukraine et de son peuple, et la ferme condamnation de l’agression russe sur son territoire, ces derniers ont décidé d’arrêter un certain nombre de chantiers dits prioritaires pour les prochaines semaines et/ou prochains mois. En quoi consistent-ils ?
Au titre de ces chantiers prioritaires se retrouve tout d’abord le renforcement de l’Europe de la défense. Les Etats membres se sont mis d’accord sur la nécessité d’investir davantage dans les capacités européennes de défense pour protéger l’Union européenne et ses citoyens (ce qui passe également par un investissement renforcé dans les technologies innovantes qui y ont trait). De même, ils ont acté la future adoption du projet « Boussole Stratégique » qui permettra, entre autres, à l’Union européenne d’agir rapidement et efficacement face à une situation d’urgence dans les domaines de la sécurité et de la défense.


Par ailleurs les 27 Etats membres de l’Union européenne ont jugé primordial, à l’occasion de ce sommet organisé dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, de s’engager à réduire leurs dépendances énergétiques. Plus précisément encore, les Etats membres ont trouvé un accord au regard des énergies fossiles russes massivement importées sur le territoire européen. En ce sens, ils ont décidé de s’engager sur la voie d’un arrêt de dépendance européenne du gaz, du pétrole et enfin du charbon russes. Pour ce faire, les chefs d’Etat et de gouvernement ont conclu de procéder à la réduction de l’utilisation qu’ils font de l’énergie fossile mais aussi de favoriser la diversification de leur approvisionnement en énergies et d’accentuer le développement d’énergies renouvelables. Ceux-ci se sont également mis d’accord sur la nécessité d’améliorer la gestion du stockage du gaz, de même que de perfectionner l’efficience énergétique au sein de l’Union européenne et en fin de compte de consolider les plans relatifs à la sécurisation de l’approvisionnement en énergie.


Pour clore, il peut être relevé le fait que le conflit militaire en Ukraine constitue déjà une difficulté immense à relever pour l’Union européenne, et démontre certainement les limites des politiques jusqu’à maintenant décidées et effectivement menées. Cette difficulté pourra être contrée par une nécessaire intégration plus approfondie qui permettra notamment d’assurer pour les Etats membres une indépendance énergétique, ainsi qu’une meilleure défense de l’Union. Reste, pour l’heure, à observer comment les paroles se transformeront en actes dans les semaines et les mois à venir.


Références
https://www.tf1info.fr/international/guerre-en-ukraine-independance-energetique-de-l-ue-qu-attendre-du-sommet-de-versailles-qui-se-tiendra-jeudi-et-vendredi-2213018.html
https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/la-commission-europeenne-propose-un-plan-pour-accroitre-l-independance-energetique-de-l-ue/
https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2022/03/11/sommet-de-versailles-union-europeenne
https://presidence-francaise.consilium.europa.eu/fr/actualites/declaration-de-versailles-10-et-11-mars-2022/