Quel est cet accord commercial signé entre le Mexique et l’Union européenne ?

Cet accord commercial, conclu entre l’Union européenne et le Mexique, inquiète bon nombre d’internautes. Pour preuve, de nombreuses publications dans lesquelles on peut lire que l’organisation internationale s’apprête à importer 20 000 tonnes de viande mexicaine, en méconnaissance des règles européennes qui doivent pourtant être respectées en la matière. Indiquons toutefois, à titre liminaire, que le chiffre avancé est bien trop conséquent par rapport à la réalité des faits et que la viande importée devra nécessairement respecter les mêmes critères que celle effectivement produite au sein de l’Union.

Cet accord fut signé à Mexico, le 22 mai dernier, par Usurla von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne. Notons ici que cet accord doit maintenant faire l’objet d’une ratification par les signataires.

En vigueur depuis 2000, cet accord a été actualisé dans l’objectif principal de favoriser les échanges de biens et de services entre les parties. Il permet, entre autres, de diminuer, voire dans certains cas, d’éliminer les droits de douane. Nombre de producteurs de viande français et d’internautes s’interrogent sur l’arrivée sur le marché de viande mexicaine (indiquons que le pays est classé septième producteur de viande au monde).


Une arrivée massive de viande mexicaine sur le marché européen ?

Il est nécessaire ici de noter que cet accord commercial, qui avait fait l’objet d’une précédente signature en 2020, prévoyait l’instauration d’un quota annuel fixé à 20 000 tonnes de viande mexicaine importée au sein de l’Union européenne. Ces importations bénéficiaient également de droits de douane pour le moins favorables en ce qu’ils étaient fixés à 7,5% (par opposition aux droits de douane souvent fixés entre 10% et 25%). À ce sujet, il avait été mis en place en France une pétition qui avait alors recueilli plus de 120 000 signatures d’opposants à cet accord.

La colère a été entendue, et l’accord commercial dernièrement signé entre le Mexique et l’Union européenne contient des quotas de viande et d’abats beaucoup moins conséquents, ces derniers étant par ailleurs gradués (passant ainsi de 1 000 tonnes la 1re année à 5 000 tonnes la 5e année de l’exécution de l’accord).

Cela revient à dire, qu’à terme, l’importation de ces produits sera fixée à 10 000 tonnes par an, et avec une application de droits de douane à hauteur de 7,5%, ce qui, comme à l’habitude, ne correspond pas aux chiffres indiqués dans les publications sur les réseaux sociaux.


Quid de la situation des producteurs français souhaitant exporter leurs produits au Mexique ?

La gronde des producteurs français a été entendue par Bruxelles, qui a affirmé qu’il sera possible aux producteurs français de bénéficier de contreparties lorsqu’ils souhaitent exporter leurs produits sur le marché mexicain.

Le pays doit ainsi procéder à la réduction de ses droits de douane et permettre une importation progressive, mais certaine, de viande européenne au sein de son marché. Pour la première année, ce sont ainsi 6 000 tonnes qui seront importées pour que le tout soit finalement porté à 30 000 tonnes par an. Pour leur part, les droits de douane seront progressivement réduits pour passer de 7,5% la première année de l’exécution de l’accord à 0% à terme.

Ces chiffres étant indiqués, il est immédiatement nécessaire de préciser que l’accord commercial ne contient toutefois pas de disposition qui garantit en effet que le Mexique importera de telles quantités ; autrement dit, ces chiffres constituent une limite, aucunement une garantie.


Quid enfin de l’inquiétude quant au non-respect des règles européennes ?

L’Union européenne a mis en place tout un ensemble de règles concernant, par exemple, la protection de l’environnement ou encore la traçabilité des produits. Dans leurs publications, les internautes s’interrogent sur le respect de ces règles applicables, tandis que les producteurs européens s’insurgent face à ce qu’ils considèrent être une concurrence déloyale, compte tenu des normes qu’ils doivent respecter dans le cadre de leurs activités.

La Commission européenne s’est voulue rassurante à cet égard en rappelant que ces importations doivent respecter les règles prévues par le droit de l’Union européenne concernant, entre autres, les OGM (ou organismes génétiquement modifiés) ou bien encore la sécurité des consommateurs. Ceci revient donc à dire que ces importations mexicaines au sein de l’Union européenne respecteront le règlement (CE) n° 178/2002 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2002, qui exige le respect du droit européen pour toutes les denrées alimentaires, qu’elles soient produites sur le territoire de l’Union ou qu’elles soient importées sur son marché.

Mais comment s’assurer du respect de ces règles très contraignantes ? Cette question n’est pas dénuée de sens, bien au contraire, dans la mesure où, lorsque des règles sont prévues, elles doivent être exécutées et respectées et, surtout, il doit exister un contrôle pour s’en assurer. Il a été précisé, concernant l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, que les contrôles opérés sur ces importations seront renforcés. Des « brigades de contrôle » seront en outre instaurées sur le territoire français concernant ces importations.  

Références

Publication de Les Amis de la Patrie, réseau social X (2026, 25 mai). Consulté le 03/06/2026 : x.com

Questions et réponses sur l'accord global de l'UE avec le Mexique. Commission européenne (2026, 22 mai). Consulté le 03/06/2026 sur : europa.eu

Questions et réponses sur l'accord de partenariat UE-Mercosur. Commission européenne (2026, 17 janvier). Consulté le 03/06/2026 sur : ec.europa.eu

Solina Prak, Mercosur : à quoi vont ressembler les «brigades de contrôles» sur les produits importés ? Capital (2026, 12 janvier). Consulté le 03/06/2026 sur : capital.fr