Il ressort des déclarations de sa famille que la jeune fille, qui était scolarisée dans un collège de Bordeaux en classe de 4e, et pourtant réputé, était la victime de harcèlement. Dans cette affaire, il a été précisé, par le recteur de l’Académie de Bordeaux, qu’une enquête administrative a été mise en place dans les suites immédiates de son suicide. De quoi s’agit-il exactement ? Décryptage.

Quels sont les faits de l’espèce ?

La famille de la jeune femme a témoigné à plusieurs reprises sur ce drame qui a résulté sur son suicide. Son grand frère a ainsi déclaré que la famille s’est retrouvée « du jour au lendemain (…) dans une situation horrible ». C’est en vérité sa grande sœur, étudiante en droit, qui a décrit la situation de Violette : celle-ci est en effet convaincue que sa sœur a été la victime de harcèlement scolaire. À l’appui de cette déclaration, elle ajoute que la famille était informée des disputes qui ont pu avoir lieu entre la victime et ses camarades de classe. Celle-ci ajoute d’ailleurs que Violette était victime de moqueries aussi bien sur son physique que sur sa coiffure. De plus, concernant ce harcèlement présumé, la grande sœur a affirmé que la famille « sait que l’école savait », mais que « l’affaire [a été] mise sous le tapis ».

Les interrogations de l’avocat de la mère de famille

L’avocat de la mère de famille n’a pas manqué de critiquer la manière dont les choses ont été menées dans les suites immédiates de la mort de la jeune femme. En effet, Me Anthony Maurin-Gomis s’est interrogé sur le fait que les camarades de Violette n’aient tout simplement pas été auditionnés. Ce questionnement lui parait d’autant plus fondé qu’il ajoute que la mère de famille, « immédiatement après les faits », avait informé les enquêteurs qu’elle avait de forts soupçons sur le fait que sa fille était la victime de harcèlement au collège. Me Maurin-Gomis ajoute que les enquêteurs n’ont pas pris en considération cette hypothèse ce qui résultera, dans les faits, sur l’orientation d’un suicide intervenu « à la suite d’un mal-être » alors même que ceux-ci ne se sont aucunement interrogés sur les racines de ce mal-être.

Face à cette situation incompréhensible, la mère de famille explique qu’elle « [ira] jusqu’au bout en sa mémoire » et elle se demande, elle aussi, si l’ensemble des personnes concernées ont mené à bien leur travail. Si tel était le cas, pour elle, il apparait indéniable que sa fille ne serait pas passée à l’acte.

Notons à cet égard qu’avant de commettre son acte, la jeune femme avait rédigé une lettre au sein de laquelle elle précisait les souffrances dont elle était atteinte. Dans cette même lettre, également, Violette reprochait à sa mère le fait qu’elle ait abandonné ses enfants, par sa décision de quitter le domicile. En dépit de ces écrits, la famille demeure pleinement convaincue que son suicide ne résulte pas des difficultés familiales mais bien de ce qu’elle vivait au collège. Il est également souligné par la famille que Violette se scarifiait depuis plusieurs mois et que partant, le mal-être dont elle était la victime trouvait son origine au collège et non dans la sphère familiale (les parents de la jeune femme ayant rencontré des problèmes de couple bien après le début de ces scarifications).

Au surplus, il apparait intéressant de relever le fait que l’avocat de la mère de famille s’inquiète du fait que le contenu du téléphone personnel de la victime n’ait tout simplement pas été sondé par les enquêteurs. Cette absence d’exploitation pose selon lui d’autant plus de questions qu’il déclare que de nos jours, « le harcèlement est nécessairement un cyberharcèlement ». Il se demande pourquoi les téléphones cryptés sont exploités dans le cadre des affaires de stupéfiants alors que le téléphone de la jeune femme n’a pas fait l’objet de cette même mesure.

La mère de famille a également souligné le fait que sa fille avait dû remplir un questionnaire, donné par le collège et qui devait permettre de démontrer ou non qu’elle était victime de harcèlement. Celle-ci s’en étonne fortement, car personne n’était informé de l’existence de ce document, ni même des résultats qui en sont sortis. Selon elle, « tout a été fait en catimini par l’établissement scolaire (…) pour dissimuler des faits de harcèlement qui auraient pu entacher [sa] réputation ». Ajoutons ici que le collège dans lequel était scolarisée la jeune femme est un collège bordelais de renom.

Concluons sur le fait que le recteur de la région académique de Nouvelle-Aquitaine et de l’académie de Bordeaux, Jean-Marc Huart, s’est défendu dans le cadre de cette affaire. Celui-ci a notamment fait savoir qu’une enquête administrative a bel et bien été mise en place dans la continuité immédiate du suicide de l’élève. Il a précisé également que le collège en cause a déclenché un plan de prévention du harcèlement dans les établissements scolaires (à savoir ici : le plan Phare). Néanmoins ceci n’aura pas permis d’empêcher la jeune femme de passer à l’acte. In fine, au regard du test susmentionné, et renseigné par la jeune femme, il est précisé par les autorités compétentes que celui-ci est offert à tout un chacun.

Reste pour l’heure à observer ce qu’il adviendra en effet de cette plainte. Affaire à suivre donc.

Références

bfmtv.com

rmc.bfmtv.com

france3-regions.franceinfo.fr