Le 4 novembre 2025, une proposition de loi, qui n’a pas manqué de faire réagir, a été déposée par Nicolas Thierry, député écologiste de Gironde. Cette proposition a été présentée le même jour par le député et l’Alliance contre le tabac, et fut accueillie favorablement par la Ligue contre le cancer. 

Il s’agit, dans les faits, d’atteindre un objectif gouvernemental très audacieux de créer la première génération de français sans tabac pour 2032. Afin d’y parvenir, l’auteur de cette proposition a soumis l’idée que toutes les personnes qui sont nées après 2014 ne soient plus en mesure d’acheter du tabac et ce, à compter du 1er janvier 2032. La proposition en question a aussi été applaudie et saluée par des associations de lutte contre le tabac ainsi que des associations de patients.

Cette proposition de loi transpartisane est très certainement ambitieuse dans la mesure où elle cherche à atteindre un objectif « très clair [à savoir :] stopper l’entrée des jeunes dans le tabagisme en cessant de leur offrir l’accès au produit ». Une interdiction pure et simple et à laquelle il n’est prévue aucune exception pour y déroger, et qui concernera une génération de français. À l’appui de cette proposition, son auteur a déclaré ce mardi 4 novembre qu’il souhaite que ce qu’il appelle « l’épidémie de tabagisme » soit enrayée de manière définitive, en visant spécifiquement une seule génération de français. Il s’agit pour lui de mettre en œuvre une interdiction à la fois « générationnelle et progressive », et qui trouvera en effet  à s’appliquer aux générations futures.

Une interdiction de vente de tabac, même aux personnes majeures

C’est donc une annonce choc : la proposition de loi prévoit, qu’à partir du 1er janvier 2032, la vente de tabac sera interdite à tout individu né après le 1er janvier 2014. Ici, il n’est fait aucune distinction quant à la majorité des individus. Tous seront ainsi concernés par cette mesure.

Si l’interdiction d’accès aux produits est proposée pour une catégorie bien spécifique de la population française, il semble maintenant opportun de se demander ce sur quoi exactement porterait cette interdiction ? Quels sont par conséquent les produits qui ne pourront plus être vendus aux plus jeunes ?

Il ressort de cette proposition de loi de Nicolas Thierry que tous les produits du tabac seraient concernés par cette interdiction, tous sans exception, y compris donc le tabac chauffé. Ceci est vivement salué et encouragé par l’Alliance contre le tabac en ce qu’il constitue le « nouveau cheval de bataille des cigarettiers ».

À cet égard, il est aussi intéressant de relever le fait que pour le président de la Ligue contre le cancer, Philippe Bergerot, cette mesure permet de pallier « l’ingéniosité de l’industrie du tabac » qui, par la mise en place de plusieurs stratégies, tente « d’en minimiser le danger ». Pour lui, face à ce constat, il est nécessaire que des « mesures drastiques » soient instaurées de manière à pouvoir protéger les nouvelles générations de français contre ces dangers. Cette proposition revêt, selon lui, la nature d’une telle mesure.

Le tabac : une cause de mortalité que l’on pourrait éviter ?

Il apparaît important maintenant de relever le fait que le tabac constitue, en France, la première cause de mortalité qui pourrait être évitée. C’est ainsi que chaque année en France, ce sont près de 75 000 personnes dont la mort est liée au tabac. Ici, l’Observatoire français des drogues et toxicomanie estime que le coût social global s’approche de 156 milliards d’euros (c’est-à-dire, entre autres, les maladies qui en découlent, ou encore la perte de production).

L’exposé des motifs de cette proposition de loi nous apporte d’autres chiffres sûrement rassurants mais qui ne semblent pas suffisants. Effectivement, il existe une « récente stabilisation » depuis 2020, concernant la prévalence du tabagisme dans le pays. L’on peut en effet noter, au sens des chiffres publiés par Santé publique France suite à une enquête concernant le tabagisme, qu’en 2024, il était estimé qu’une personne sur quatre (âgée de 18 à 75 ans) fumait ; ce chiffre, pour l’année 2023, était plus inquiétant car il s’agissait d’une estimation, pour la même tranche d’âge, d’une personne sur trois.

Concernant ces chiffres, l’auteur de la proposition de loi considère cependant que « s’imaginer que le combat est gagné est illusoire ». Il faut en effet, selon lui, aller plus loin encore que les mesures actuellement mises en place (à l’image de l’augmentation des espaces sans tabac), et ceci devrait passer notamment par l’interdiction « générationnelle » de vente de tabac.

Références

alliancecontreletabac.org

bfmtv.com

lefigaro.fr