Quel est l'objet de ces mandats d'arrêt ?

La publication, parue au milieu du mois de mai 2026, indique que ces mandats d’arrêt concernent le ministre des Finances susmentionné, mais aussi le ministre des Colonies et le ministre de la Sécurité intérieure, de même que 2 membres de l’armée israélienne.

Il est précisé que les mandats d’arrêt en cause dans cet article auraient été décidés dans le cadre particulier d’une enquête inhérente à ce qui est appelé une « violence des colons » d’une part, et d’autre part, plus généralement, à la politique menée par le gouvernement israélien dans les territoires palestiniens en Cisjordanie : cette politique serait en vérité constitutive d’un crime de guerre, voire d’un crime contre l’humanité, peut-on y lire.

Le quotidien israélien mentionne une source proche de la juridiction pour affirmer cette information, mais cette dernière l’a complètement démenti.

Notons que Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, mais aussi l’ancien ministre de la Défense israélienne, Yoav Gallant, font pour leur part véritablement l’objet d’un tel mandat depuis la fin d’année 2024. Ceci signifie, pour eux, en théorie, que s’ils se rendent sur le territoire d’un État qui collabore avec la juridiction, ils y seront arrêtés et traduits devant elle.


Le démenti de la Cour pénale internationale

Il est à noter ici que cette publication intervient alors même qu’un précédent article avait été publié il y a maintenant un an par le Wall Street Journal, et dans lequel il était indiqué que la juridiction pénale s’apprêtait à émettre deux mandats à l’endroit du ministre des Finances et du ministre de la Sécurité intérieure d’Israël. Force est de constater que depuis, aucun mandat n’a été émis à leur encontre, à tout le moins n’a été rendu public.

Ce qui semble changer dans le cadre de notre présent développement réside dans l’ampleur de ce qui sera ensuite confirmé comme une fausse information. En effet, le contenu de cet article a été relayé très largement. L’envergure qu’a prise cette information est telle que la Cour pénale internationale a quasi immédiatement décidé de la démentir, soulignant le caractère incorrect de la publication. La juridiction internationale a expliqué qu’il était nécessaire de démentir l’information le plus rapidement possible afin d’apporter l’éclairage nécessaire concernant les procédures judiciaires qu’elle connait.

Cependant, notons que le ministre des Finances israélien a décidé de s’inscrire en opposition totale avec le démenti pourtant effectué par la Cour pénale internationale. Il a en effet ainsi affirmé qu’il avait eu l’information selon laquelle il serait personnellement visé par une enquête dans laquelle il est expressément demandé d’émettre un mandat d’arrêt le concernant. Celui-ci a également déclaré que la Cour pénale internationale agit en vérité sur demande de l’Autorité palestinienne.


Dans quelles mesures est-ce possible que la Cour pénale internationale ait tout de même émis de tels mandats en dépit de son démenti ?

Indiquons maintenant, et pour clore notre développement, qu’il est toutefois possible que certains mandats d’arrêt ne soient pas rendus publics, et ne fassent donc pas l’objet d’une publication officielle. Cette décision revient au Procureur de la Cour pénale internationale, ceci dans le but particulier d’être en mesure d’arrêter en effet les individus qui en feraient l’objet. Précisons, au surplus, que la juridiction n’a pas d’obligation à respecter quant au fait de rendre ou non ces mandats publics.

Il est donc à noter qu’il n’est pas possible d’affirmer avec certitude s’il existe ou non de tels mandats à l’endroit des personnes susmentionnées en dépit de ce démenti officiel. Il est cependant fort à parier que les individus supposément objets des mandats ne se rendront pas sur le territoire des États qui collaborent avec la juridiction, ces derniers pouvant y être interpelés.

Il ne nous est donc pas possible de confirmer les informations qui ont été partagées à ce sujet par le quotidien israélien.


Références

Liza Rozovsky, ICC Prosecutor Seeks Warrants for Ben-Gvir, Smotrich, Other Israeli Officials, Haaretz (2026, 17 mai). Consulté le 28/05/2026 sur : haaretz.com

Matthew Dalton, ICC Top Prosecutor Was Preparing Arrest Warrants for Far-Right Israeli Politicians, The Wall Street Journal (2025, 28 mai). Consulté le 28/05/2026 sur : wsj.com

Hélène FRADE, Un mandat d’arrêt de la CPI contre le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich, France 24 (2026, 19 mai). Consulté le 28/05/2026 sur : france24.com