Propos introductifs sur les poursuites judiciaires de Sophie Binet
C’est à l’occasion d’une interview accordée à France 2, dans le cadre de l’émission les 4 Vérités, le lundi 25 mai 2026, que la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a indiqué avoir été mise en examen pour diffamation dans les suites des propos que celle-ci avait tenus en 2025 à l’égard de Tefal.
Cette affaire n’est pas la seule, celle-ci ayant en effet déjà été dans le viseur de la justice dans le cadre d’une première mise en examen.
La société Tefal s’est estimée salie par les propos tenus par la secrétaire générale et a par conséquent décidé de déposer plainte à son encontre. Notons que dans ce cadre particulier dans lequel s’inscrit cette affaire, la mise en examen de la personne identifiée est presque automatique.
Qu’est-ce qui est donc reproché à Sophie Binet exactement ?
Pour comprendre ce qui est reproché à la secrétaire générale de la CGT, il nous faut remonter à l’automne 2025. En effet, c’est à l’occasion de la précédente fête de l’Humanité, qui s’est tenue le week-end des 13 et 14 septembre 2025, que Sophie Binet a rappelé la situation personnelle de Ourla Belaziz. Celle-ci est salariée de Tefal et est membre de ce syndicat. Elle rappelle que celle-ci a fait l’objet de sanctions par son employeur suite à une demande qu’elle lui avait formulée et qui consistait à obtenir des éléments d’information concernant les PFAS, ou polluants éternels, et qui sont retrouvés dans les éléments de cuisine fabriqués et commercialisés par la société. Cette employée avait également demandé des informations au regard de l’impact possible de ces polluants sur les salariés de la société.
À cet égard, Sophie Binet s’était exprimée de manière virulente à l’endroit de la société, considérant par ailleurs que celle-ci faisait preuve de « répression patronale violente ».
L’on imagine par conséquent sans grande difficulté le mécontentement de la société Tefal, objet des critiques formulées en public et en pareils termes. Son choix a donc été de déposer plainte pour diffamation à l’encontre de Sophie Binet. Indiquons, par ailleurs, que cette dernière s’est exprimée à ce sujet et a réitéré ses propos en indiquant en effet que le fait que la société « [poursuive] la secrétaire générale de la CGT » n’a pour autre résultat que de démontrer cette « pratique » de « répression syndicale » critiquée en première intention l’année dernière.
Des propos fondés pour la secrétaire générale de la CGT
Ces propos tenus à l’automne dernier ne doivent pas réellement étonner le lecteur. En effet, selon Sophie Binet elle-même, le syndicat « alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS », dont certains d’entre eux sont retrouvés dans les produits commercialisés par l’entreprise.
Sophie Binet argumente également ses propos en rappelant le bâillonnement des syndicalistes de la société « [s’exprimant] sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions ».
Par ailleurs, la secrétaire générale a montré sa grande inquiétude à l’égard de sa situation, qui met, selon elle, en lumière une dérive observable en France à l’égard des syndicats. Ainsi, elle souhaite alerter le Parlement afin que ses membres mettent en place de nouvelles protections inhérentes à la liberté d’expression et la liberté syndicale. Pour elle, finalement, ces deux libertés sont « aujourd’hui en danger » et il est nécessaire de renforcer leur protection et garantir leur exercice.
Dans les suites de sa mise en examen, Sophie Binet alerte sur la situation des autres syndicalistes qui pourraient, eux aussi, in fine, faire l’objet de cette procédure pénale si le musèlement des syndicalistes se poursuit.
Les poursuites judiciaires de Sophie Binet
Comme indiqué en propos introductifs, ce n’est pas la première fois que la secrétaire générale de la CGT fait l’objet de poursuites. En effet, celle-ci a déjà été mise en examen. Cette situation est qualifiée par elle-même de « très grave ».
Souvenez-vous, en novembre dernier, Sophie Binet avait également été mise en examen suite au dépôt d’une plainte par Ethic, une organisation patronale, pour injure publique. Il était en effet reproché à la secrétaire générale de la CGT d’avoir assimilé des patrons à « des rats qui quittent le navire ». La dirigeante de l’organisation qui a déposé plainte a considéré que l’expression ainsi utilisée revêtait la nature d’un « jugement de valeur négatif » qui avait pour résultat d’« [entacher] l’honneur et la réputation » des personnes visées.
Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise, a apporté son soutien à la secrétaire générale de la CGT. Ce dernier a qualifié la procédure de « répression indigne ». Et celui-ci d’ajouter que les syndicalistes sont aujourd’hui poursuivis « pour avoir dénoncé la répression syndicale » observée non seulement dans le secteur privé, mais aussi dans la fonction publique.
Affaire à suivre donc !
Références
Le Figaro avec AFP, «Répression syndicale», Sophie Binet déplore sa mise en examen pour des propos jugés diffamatoires sur Tefal. Le Figaro (2026, 25 mai). Consulté le 26/05/2026 sur : lefigaro.fr
Naïm Sakhi, Procédure bâillon: Sophie Binet et Fabien Gay poursuivis par Tefal en diffamation. L’Humanité (2026, 25 mai). Consulté le 26/05/2026 sur : humanite.fr
Marceau Taburet, La gauche vole au secours de Sophie Binet après sa mise en examen pour injure publique. Huffington Post (2025, 2 décembre). Consulté le 26/05/2026 sur : huffingtonpost.fr








