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Huawei : vol de secrets industriels

En 2012, Huawei, leader mondial des équipements télécoms souhaite acquérir un robot d'essai téléphonique (Tappy) auprès de son inventeur, l'opérateur américain T-Mobile. Ce robot permet de vérifier la qualité des smartphones fabriqués par l'opérateur américain. Toutefois, ce dernier refuse de donner suite à la proposition faite par Huawei. Face à ce revers, la société chinoise décide alors d'obtenir le robot de manière moins légale.

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Huawei et le vol de secrets industriels

Credit Photo : Unsplash Mitya Ivanov

Courant 2014, plusieurs salariés de la firme chinoise sont envoyés dans les laboratoires de test de T-Mobile afin d'y dérober des informations confidentielles et même des parties du robot. Toutefois, ces salariés ont très vite été pris la main dans le sac par l'opérateur américain qui a décidé de rompre ses relations commerciales avec le constructeur chinois.

Dernièrement, Huawei a été mis en examen par l'administration américaine pour tentative de vol de secrets industriels. Aujourd'hui, Huawei fait l'objet d'une interdiction de commercialiser ses équipements téléphoniques sur le territoire américain.

Cette affaire d'espionnage industriel a instauré une méfiance envers le constructeur chinois dans le monde. Mais cela ne cacherait-il pas une volonté pour les Américains d'asseoir leur leadership en matière de télécommunication ?



Un impact mondial

Aujourd'hui, Huawei est banni des États-Unis, ce qui est un revers de taille pour le constructeur chinois. Mais cette méfiance s'étend désormais à plusieurs pays, on trouve notamment l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

En France, Orange a décidé de ne pas faire appel à Huawei pour le développement de la 5G. L'opérateur français dit prendre « ses précautions » vis-à-vis du prestataire chinois en raison des menaces pesant sur la sécurité intérieure.

Ce qui inquiète les autorités de ces pays, ce n'est pas seulement la possibilité d'un espionnage industriel par Huawei, mais la possibilité pour Huawei de transmettre des données personnelles et communications sensibles aux autorités chinoises.


La mise en avant d'une guerre commerciale entre Pékin et Washington

Plusieurs experts estiment que cette affaire d'espionnage dont est accusé Huawei est un prétexte permettant d'affaiblir la prépondérance chinoise en matière de télécommunication dans le monde. Cette affaire révèle les tensions commerciales entre ces deux grandes puissances économiques et plus particulièrement depuis que Donald Trump est Président des États-Unis.

L'objectif pour les États-Unis est d'écarter Huawei du développement des infrastructures 5G sur son territoire. L'administration américaine considère qu'il existe un danger pour sa sécurité intérieure.

Huawei n'est pas seulement accusé d'espionnage industriel, mais aussi d'espionnage de communications personnelles. La société chinoise n'a plus le droit de vendre ses produits sur le sol américain, et les administrations publiques américaines n'ont plus le droit d'utiliser les technologies de Huawei.

Huawei de son côté tente de riposter, en assurant qu'ils mettent tout en oeuvre pour développer la cybersécurité dans le monde. La société chinoise a par exemple inauguré un centre spécialisé dans la cybersécurité à Bruxelles, le mois dernier. Sur le terrain judiciaire, Huawei montre également ses muscles. En effet, ils ont décidé de porter plainte contre les États-Unis en raison de l'interdiction de commercialiser ses équipements télécoms qui leur a été faite.



Ainsi, la société Huawei serait-elle au service des autorités chinoises, confirmant ainsi les craintes des États-Unis ? Ou ces attaques seraient-elles le résultat d'une rivalité politique et économique entre Washington et Pékin ? En matière d'espionnage et de relations entre une société commerciale et les autorités d'un pays, les preuves restent difficiles à établir. Reste que la réputation de Huawei est entachée, et qu'une méfiance s'est instaurée à l'égard du leader mondial en matière de télécommunication.



Sources : Les Échos, Challenges, Frandroid, Europe 1



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