Des réactions contre l’intervention militaire
Nombre de chefs d’État et de gouvernement ont rapidement réagi à l’intervention militaire ayant eu lieu dans la capitale vénézuélienne et dans des provinces alentour et qui ont notamment conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro. Ainsi, Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, a considéré que cette intervention méconnait le « principe de non-recours à la force » et a rappelé la nécessité de respecter le droit international.
Au niveau européen, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a pour sa part précisé que l’Union européenne soutient « une transition pacifique et démocratique » mais qu’en parallèle, il est nécessaire de « respecter le droit international et la Charte des Nations Unies ».
De son côté, le président du Conseil européen, Antonio Costa, a appelé à une « désescalade ». Appelant aussi à une désescalade, le gouvernement espagnol s’est présenté comme un intermédiaire possible dans cette affaire qui oppose les États-Unis et le Venezuela et alors que la situation dans le pays est incertaine.
Des réactions également portées contre Nicolás Maduro
Des réactions ont été suscitées par l’intervention militaire en elle-même et par l’arrestation qui en a suivi. Toutefois, des critiques ont rapidement émergé ce samedi 3 janvier. Ainsi, l’on peut retenir que le président français, Emmanuel Macron, sans citer cette opération militaire surprise et hors du commun, a déclaré que le peuple vénézuélien « est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro » et a précisé que « le président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, [peut] assurer au plus vite [la] transition » à venir, transition qu’il souhaite à la fois « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté » des vénézuéliens.
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a également critiqué Nicolás Maduro, notamment dans son « rôle problématique » dans cette région d’Amérique Latine, dans son implication dans le trafic de drogue, et a ajouté que l’État allemand n’avait pas reconnu sa victoire lors des dernières élections qu’il a effectivement qualifiées de « truquées ». Dans une lignée plus ou moins similaire, Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a indiqué que Nicolás Maduro « est un président illégitime ».
Un son de cloche unanime : une atteinte à la souveraineté du Venezuela
Nombre de déclarations ont été effectuées dans le but de rappeler que l’intervention militaire américaine au Venezuela constitue une atteinte à la souveraineté de cet État. La diplomatie russe a notamment indiqué que cette intervention militaire constitue un « acte d’agression armée contre Caracas », tandis que la diplomatie chinoise a indiqué condamner de manière ferme cette intervention.
Dans une publication sur le réseau social X, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a déclaré que les actions menées au Venezuela constituent « une grave atteinte à [sa] souveraineté » et que le tout « [dépasse] les limites de l’acceptable ».
La diplomatie mexicaine condamne cette intervention qui « met gravement en péril la stabilité régionale » et souligne le caractère unilatéral des actions militaires qui ont été effectuées par les États-Unis, tandis que la Colombie, État limitrophe du Venezuela, par l’intermédiaire d’une publication sur X de son président, Gustavo Petro, a également relevé une atteinte portée contre la souveraineté de cet État, et a précisé que des troupes militaires seront déployées à la frontière. Celui-ci a également demandé à ce que l’ONU se prononce sur cette intervention militaire, notamment au regard de sa légalité, compte tenu des règles du droit international.
Quid enfin de la mission d’enquête de l’ONU à son encontre ?
Cette arrestation surprise du chef de l’État vénézuélien constitue également pour nous l’occasion de souligner l’existence d’une mission d’enquête de l’ONU à son encontre.
Relevons tout d’abord qu’Alex Neve, un membre de la mission, a déclaré que cette intervention méconnait le droit international et que « les graves violations des droits humains [imputées au président vénézuélien arrêté] ne sauraient la justifier ».
Samedi 3 janvier 2026, toutefois, il a été annoncé que l’attaque illégale perpétrée par les États-Unis, et l’arrestation et l’extradition de l’ancien chef de l’État vénézuélien qui s’en sont suivis, ne doit pas résulter sur autre chose pour lui que de « [répondre aux] graves violations des droits humains et des crimes contre l’humanité » qui ont été commis par des hauts responsables vénézuéliens. Ce dernier a rajouté que « le peuple vénézuélien exige et mérite des solutions pleinement conformes au droit international ».
Soulignons, à cet égard, que les membres de cette mission n’ont pas déclaré ainsi au nom de l’ONU ; que celle-ci fut mandatée par le Conseil des droits de l’Homme de l’organisation afin de mener des enquêtes, notamment concernant des actes de tortures ou de disparitions suspectes.
Enfin, certains membres de cette mission ont partagé leurs craintes quant « au risque que de nouvelles et graves violations des droits humains » soient effectivement perpétrées dans le pays, dans les suites de cette intervention militaire américaine, et compte tenu de l’état dans lequel il se trouve.
Références









