Une affaire a éclaté au grand jour, celle des « barbouzeries » du Paris Saint-Germain (PSG), ainsi que Nasser Al-Khelaïfi, son président. Il s’agit d’une enquête somme toute surprenante compte tenu des individus concernés. En effet, celle-ci concerne des figures non seulement politiques mais aussi médiatiques et économiques. L’on retrouve en effet au premier rang de ces personnalités, Rachida Dati, actuelle ministre de la Culture et candidate à la mairie de Paris. Cette dernière est, par ailleurs et pour rappel, directement impliquée dans une affaire qui fut renvoyée devant le tribunal correctionnel et qui concerne des soupçons de corruption (ceci, plus précisément, dans une affaire liée à Carlos Ghosn) ; Rachida Dati est, au surplus, concernée directement dans le cadre d’une information judiciaire ouverte au sujet de ses rémunérations au Parlement européen. La candidate à la mairie de Paris n’est d’ailleurs pas la seule concernée car Tayeb Benabderrahmane, lobbyiste franco-algérien, est lui aussi poursuivi non seulement pour faux, trafic d’influence mais aussi corruption.
À cet égard, certains paramètres ont été partagés notamment par Mediapart et Libération. Toutefois, la justice suit son cours et les enquêteurs devront déterminer quelles sont les relations exactes qui existent entre les protagonistes concernés, quelles sont les responsabilités pénales qui devront être retenues pour les uns et les autres, et quelle est la nature des flux financiers.
Différentes affaires qui donnent vie à l’affaire des « barbouzeries »
Au vu des éléments ci-dessus précisés, il convient de retenir qu’il existe plusieurs investigations en cours, de natures distinctes, qui donnent vie à l’affaire dite des « barbouzeries ». Elles ont néanmoins pour point commun d’intéresser le PSG.
Au vu des révélations de certains journaux, Rachida Dati serait impliquée dans un des pans de ce dossier du fait de l’amitié qu’elle entretenait avec le lobbyiste Tayeb Benabderrahmane. C’est cette amitié, dorénavant révolue entre les deux protagonistes, qui rattache la ministre de la Culture et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris à des enquêtes en cours et dans le cadre desquelles Tayeb Benabderrahmane est directement et personnellement poursuivi.
Il s’agit en vérité d’une enquête complexe mêlant des individus de tout genre, issus du monde économique, politique ou médiatique. Il s’agit en fait de terminer qui est qui, et qui a fait quoi dans un entremêlement de pistes d’enquêtes et de recherches, et de déterminer comment ces personnalités ont pu interagir entre elles.
Quels sont les différents chefs d’accusation dans le cadre de cette affaire ?
Concernant la ministre de la Culture, celle-ci est renvoyée devant le tribunal correctionnel sur le chef d’accusation de corruption : l’affaire concerne Carlos Ghosn, l’ancien PDG du groupe Renault-Nissan. Également, celle-ci fait l’objet d’une information judiciaire dans le cadre de ses rémunérations au Parlement européen, et concerne son mandat de député entre 2009 et 2019. Cette affaire fait notamment état de détournement de fonds publics. Tout cela est finalement traduit dans le dossier qui la concerne dans notre affaire.
En outre, il est reproché à Tayeb Benabderrahmane d’avoir commis différentes infractions, au titre desquelles l’on retrouve notamment le trafic d’influence, corruption, l’aide au séjour irrégulier en bande organisée, ou encore faux et usage de faux.
Par conséquent, l’on voit clairement, du fait des qualifications juridiques des faits qui lui sont reprochés, qu’il existe une réelle diversité quant aux accusations des différents pans de ce bien épineux dossier. Il est en effet à noter que la présence de ces différentes personnalités connues dans des sphères spécifiques rend ce dossier bien délicat. Gardons à l’esprit, néanmoins, que ce que nous avons développé ci-dessus ne signifie pas la reconnaissance d’une quelconque responsabilité à l’endroit des individus actuellement poursuivis. Cela signifie qu’il existe des données ainsi que des paramètres qui sont considérés par la justice comme étant suffisants, et acceptables à l’effet de rechercher la vérité, et de mettre en mouvement toute la machine judiciaire.
Par ailleurs, relevons le fait que ces enquêtes et ces procédures mises en place à l’endroit de personnalités politiques interrogent nécessairement au regard de la transparence de la politique. L’enjeu est grand pour la justice française car il s’agit bien de faire la lumière sur les échanges qui ont eu lieu et qui impliquent des individus français et étrangers, dont le président du PSG.
Quelles sont finalement les suites de cette affaire ?
Il est sûrement nécessaire de noter que le contenu de ces dossiers qui se juxtapose et qui a été publié par les deux journaux doit maintenant être vérifié par la justice afin de déterminer les responsabilités éventuelles des uns et des autres.
Notons, au surplus, que certains pans ne sont pas directement concernés par l’enquête en cours, à savoir, en effet, les pratiques du club de football et celles de ses protagonistes d’une part, et, d’autre part, les soupçons qui se sont élevés concernant les doutes liés à de possibles détournements, concernant des rémunérations publiques.
Il est par conséquent nécessaire d’attendre les conclusions de la justice à ces différents égards. La difficulté réside en fin de compte dans l’existence de nombreux protagonistes, de différents chefs d’inculpation, et de procédures qui se juxtaposent les unes par rapport aux autres…









