Des faits commis entre novembre 2024 et février 2025

C’est à la suite de l’ouverture d’une enquête, le 15 février 2025, que dix hommes ont été dernièrement mis en examen à Lille dans le cadre d’une affaire de pédocriminalité. La victime, l’enfant d’un de ces hommes, qui sont âgés de 29 à 50 ans, a subi une soumission chimique.

Précisons que cette enquête a été mise en mouvement dans les suites d’une soirée « chemsex » (qui consiste notamment en l’utilisation de drogues afin d’intensifier les rapports sexuels), ayant eu lieu le 14 février 2025, alors qu’un signalement avait été effectué.

Un communiqué du parquet de Lille faisait état de la situation d’un jeune enfant âgé de 5 ans qui a été « mis en relation avec des adultes de sexe masculin par son propre père » ; il y est précisé que l’enfant a été victime de « violences sexuelles aggravées ».

Notons que quelques jours plus tard, en date du 22 février, un juge d’instruction a été saisi de l’affaire. Ce dernier devait plus exactement enquêter sur un ensemble de faits commis entre novembre 2024 et février 2025. L’enfant a en vérité été victime de viol mais aussi d’agression sexuelle ; les substances qui lui ont été administrées, à son insu, avaient pour but « d’altérer son consentement ou le contrôle de ses actes ».


Des précisions sur l’enquête menée dans le cadre de cette affaire

Il est ici nécessaire de souligner le fait que l’enquête en question dans le cadre de cette affaire intéresse également les infractions de « viol et agression sexuelle avec torture ou acte de barbarie » sur l’enfant de 5 ans, de même que l’administration d’une substance « de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes pour commettre un viol ou une agression sexuelle ».

Il ressort d’une précision apportée par le parquet de Lille que la peine maximale encourue par les mis en cause réside dans la réclusion criminelle à perpétuité, concernant le crime de viol qui est commis avec des actes de tortures ou des actes de barbarie.

Indiquons maintenant qu’il ressort des conclusions de cette enquête mise en œuvre à l’hiver 2025 que les faits qui leur sont reprochés sont confirmés.

Neuf de ces hommes ont alors été placés en détention provisoire, et font l’objet d’une mise en examen. Un dixième individu n’a pas fait l’objet d’un placement en détention provisoire mais d’une mise en examen. À l’occasion de sa détention provisoire, l’un de ces individus a par ailleurs mis fin à ses jours, en juin 2025.

Le père de la victime a, pour sa part, été mis en examen non seulement pour « agression sexuelle incestueuse », mais aussi pour « complicité de viol et agressions sexuelles aggravées ».


Le père de l’enfant clame son innocence

Le père de l’enfant, l’un des mis en cause dans cette affaire, se dit cependant innocent. Le 5 février 2026, ce dernier a en effet déclaré, dans un communiqué partagé par son avocat, être « victime » dans cette affaire. Son avocat a également fait savoir que son client « conteste vigoureusement l’ensemble des accusations » dont il fait l’objet, et celui-ci rappelle qu’il est jusqu’à preuve du contraire considéré comme « présumé innocent ».

Notons maintenant que dans cette même affaire, le père de l’enfant a décidé de se constituer partie civile. Ce dernier déplore tout un ensemble d’éléments qui ont été partagés et qui sont, selon lui, non seulement « parcellaires, partiaux et erronés ». Celui-ci considère avoir été drogué sans qu’il en ait eu connaissance. Il précise à la presse qu’il a été drogué à son insu par un couple d’hommes. Il indique qu’il avait l’habitude de les côtoyer, mais qu’il n’a jamais participé à une quelconque activité sexuelle collective en leur compagnie.

Dans tous les cas, le père de famille a déclaré ne pas se souvenir de la soirée. « Des flashs » lui reviennent toutefois mais il assure ne pas avoir effectué de tels actes sur son fils.

Samuel Finielz, procureur de la République du tribunal judiciaire de Lille, a déclaré qu’il était pour l’heure nécessaire d’être « très prudent » au regard de cette affaire, et des éléments qui sont partagés dans ce cadre. Nul doute que nous aurons l’occasion de revenir sur cette affaire à l’occasion du procès qui sera organisé.


Références

inserm.fr

francebleu.fr

franceinfo.fr