Le narcotrafic : une menace « au moins équivalente au terrorisme »

C’est à l’occasion de ce déplacement organisé à Marseille que le ministre de la Justice s’est exprimé en ces termes : le narcotrafic constitue une menace et celle-ci « est au moins équivalente à celle du terrorisme », concernant le nombre de personnes dont les décès y sont liés. Ce déplacement, très médiatisé, a constitué l’occasion pour le ministre de la Justice de dresser l’état des lieux dans la ville. Celui-ci a en effet déclaré que ce qui s’y passe « nous conduit à considérer que c’est un crime qui vise à faire peur et à atteindre la République ». Faisant le rapprochement entre narcotrafic et terrorisme, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a précisé que ce qui est mis en place est en tout point « similaire » à ce qui existe déjà concernant la « lutte contre le terrorisme ».

Cette visite intervient dans un climat relativement tendu dans la ville. En effet, quelques jours plus tôt, un nouveau décès lié au trafic de drogue avait malheureusement eu lieu : celui du frère du militant politique, Amine Kessaci, connu pour son engagement dans la lutte contre le narcotrafic.

Ce déplacement et les annonces qui ont été effectuées ont finalement permis aux deux ministres présents de mettre en avant les résultats des actions qui avaient préalablement été mises en place et de dresser le bilan de la menace qui continue de peser sur la ville et ses habitants. À ce sujet, notons que le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il se rendrait à Marseille une fois par mois, afin de vérifier la bonne mise en application des mesures qui sont prises dans ce cadre.

Des résultats encourageants ?

La conférence de presse a été l’occasion pour les deux ministres présents de partager un premier bilan des actions entreprises dans la cité phocéenne. La réunion qui a eu lieu et à l’occasion de laquelle furent présentées les actions déjà entreprises dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic dans la ville a été qualifiée par le ministre de l’Intérieur d’« intéressante ». Au-delà de ces actions, les résultats qui ont pu être obtenus ont été soulignés et rappelés. Ceux-ci tiennent au travail des différents acteurs concernés, des forces de l’ordre aux magistrats, aussi bien dans la ville qu’à l’extérieur de celle-ci dans la mesure où les problématiques liées aux narcotrafic se retrouvent aussi dans d’autres territoires.

Le ministre de l’Intérieur a donc souligné les actions entreprises afin que le narcotrafic soit frappé « durement », actions et mesures qui découlent d’un dispositif encore juvénile et issues de la loi contre le narcotrafic, promulguée à l’été 2025. Il rappelle également une mesure célèbre consistant au gel des avoirs criminels : en novembre 2025, grâce à l’opération judiciaire « Regain », ce sont ainsi près de 8 millions d’euros d’avoirs de cette nature qui ont pu être saisis. Rappelons finalement que le Pnaco, ou Parquet national anticriminalité organisée, verra le jour dans quelques semaines, en janvier 2026. À ces décélérations s’ajoute aussi celle d’un renfort de magistrats dans la cité phocéenne. Le garde des Sceaux a en effet indiqué souhaiter « continuer » à renforcer ce nombre, en augmentation depuis maintenant plus de 5 ans.

Ces déclarations s’inscrivent également dans le cadre particulier de critiques formulées à l’égard de la création de prisons de haute sécurité en France. La loi narcotrafic rappelée doit aussi permettre de mieux lutter contre ces réseaux ultra organisés. Gérald Darmanin a profité de la conférence de presse pour souligner quelques chiffres notamment concernant la DZ Mafia qui a ainsi vu « la quasi-intégralité » de ses dirigeants incarcérés, une partie d’entre eux étant en effet incarcérés dans une prison de haute sécurité du nord de la France. De plus, actuellement en France, ce sont plus de « 700 [individus] qualifiés de très dangereux » qui sont incarcérés.

Offensif et convaincu par le premier bilan des mesures entreprises et des incarcérations réalisées et appliquées, le ministre de la Justice a indiqué que « les dirigeants des réseaux (…) sont soit en prison soit à l’étranger », et d’ajouter qu’il justifie le « nettoyage des prisons ». Celui-ci indique également que les autorités françaises compétentes collaborèrent étroitement avec certains de leurs homologues étrangers, sans toutefois les citer.

Si la lutte contre le narcotrafic est soulignée et justifiée, il n’en demeure pas moins que Gérald Darmanin a profité de cette conférence de presse pour rappeler qu’il ne s’agit pas du seul fléau contre lequel le gouvernement entend lutter. En effet, il a indiqué que la lutte contre la corruption était également à l’ordre du jour, que cette corruption peut toucher les forces de l’ordre et la justice en général, et enfin que celle-ci a pu permettre à la mafia d’arriver « dans la vie économique et dans la vie sociale ». Évoquant les menaces qui pèsent sur les magistrats et les enquêteurs, ce dernier, concernant DZ Mafia, conclut sur le fait que « nous gagnons une bataille, très, très dure contre une organisation » qui génère chaque année plusieurs « milliards  d’euros d’argent liquide ».

Enfin, ce sont près de 2000 individus actuellement placés en examen à Marseille dans le cadre du trafic de drogue ; 900 individus sont d’ailleurs actuellement placés en détention provisoire concernant des faits directement liés au trafic de drogue.

Références

info.gouv.fr

lemonde.fr

francebleu.fr