Propos introductifs sur le 1er mai

Au sens du droit du travail, le 1er mai revêt une nature somme toute particulière en ce qu’il est un jour férié qui doit être obligatoirement chômé et obligatoirement rémunéré.

Il existe cependant des exceptions admises par ce droit et celles-ci intéressent notamment la situation des commerçants, boulangers et fleuristes, qui sont autorisés à ouvrir leur établissement en ce jour particulier. À cela toutefois, ils doivent travailler seuls ; ils peuvent néanmoins être accompagnés de membres de leur famille, mais ces derniers ne peuvent être rémunérés. Il ne peut pas non plus contraindre ses salariés à travailler. Dans le cas contraire, si celui-ci emploie son personnel comme à l’habitude, l’employeur s’expose à une amende de 750 euros par salarié qui travaille ; notons que le montant de cette amende est porté à 1500 euros pour le cas où le salarié concerné a moins de 18 ans.

Que prévoyait cette proposition de loi ?

Si cette proposition de loi a vivement fait réagir, il est nécessaire d’en comprendre les causes. En ce sens, cette proposition avait pour objectif d’instaurer une autorisation de travail pour les salariés qui sont employés au sein de commerces de proximité (à l’image des boulangeries, des fleuristes ou encore des boucheries), de même qu’au sein d’établissements culturels, comme les cinémas.

C’est à la faveur de la motion de rejet de ce texte en fin de semaine dernière que ce dernier aurait pu être adopté sans qu’il n’ait été nécessaire que les membres de la Chambre basse du Parlement ne l’aient examiné, et ce, en première lecture, dans les suites d’une commission mixte paritaire. 

Toutefois, le Premier ministre en a décidé autrement… 

La décision finale du Premier ministre

Sébastien Lecornu a décidé ce lundi 13 avril 2026 qu’il « ne [demandera pas] la convocation de la commission mixte paritaire ». Il était attendu de celle-ci qu’elle adapte le texte rejeté le 10 avril à l’Assemblée nationale. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué à ce sujet, à la suite de la réunion avec les organisations syndicales représentatives des travailleurs, que le gouvernement est bien conscient du caractère particulièrement sensible de cette proposition de loi.

Des propositions qualifiées par Sébastien Lecornu comme « de court et moyen terme » vont être présentées s’agissant de la situation des commerçants de proximité qui désirent travailler et employer du personnel le 1er mai. Il a également précisé que des représentants de ces professions seront reçus cette semaine à Matignon. Pour lui, « seul un dialogue de branche » permettra d’assurer « un dialogue social approfondi » concernant « le périmètre des activités et commerces concernés ».

Quelles sont les critiques portées contre cette décision ?

Des critiques ont rapidement été portées par Gabriel Attal et Bruno Retailleau suite à cette annonce du Premier ministre.

En effet, pour l’ancien Premier ministre, qui a porté le texte, celui-ci était « un texte pour la liberté, pour le travail ». Selon lui, il apparaît nécessaire de s’intéresser aux « causes profondes de l’absurdité politique et technocratique de cette décision ». 

Bruno Retailleau n’est pas non plus en reste face à cette décision. Ce dernier considère que le gouvernement, « une fois de plus », fait marche arrière alors que la gauche, mais aussi les organisations syndicales s’opposent à ce type de texte. Ce dernier considère que cette décision entre dans le cadre des nombreuses « capitulations à répétition » de l’exécutif alors que le pays a plutôt besoin de « courage politique ».

Une décision saluée par d’autres observateurs

Yvan Ricordeau, le numéro 2 de la CFDT, s’est félicité de cette décision prise par le Premier ministre. Ce dernier a en effet précisé que le 1er mai prochain sera un 1er mai comme un autre.

Sophie Binet, de la CGT, a souligné cette décision en précisant que l’exécutif avait entendu les griefs portés par les organisations syndicales et qu’il ne passerait finalement « pas en force ». Elle précise également que la loi ne changera pas et que ce jour demeurera « un jour exceptionnel, férié et rémunéré ».

Références

Le Monde avec AFP, Travail le 1er-Mai : Sébastien Lecornu renonce à la commission mixte paritaire ; LR dénonce une « capitulation » de l’exécutif. (2026, 13 avril). Consulté le 14/04/2026 sur : lemonde.fr

Guillaume Descours, Travail le 1er-Mai : les moyennes et grandes surfaces pas visées, assure le rapporteur de la loi. (2026, 13 avril) RMC. Consulté le 14/04/2026 sur : rmc.bfmtv.com

Jade Toussay et Marie Haynes, À l’Assemblée, l’opposition au coup de Renaissance sur le 1er mai s’est faite en chantant. (2026, 10 avril) Huffington Post. Consulté le 14/04/2026 sur : huffingtonpost.fr