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Le procès Troadec, meurtres, trésor inexistant - Sujet d'actualité juridique

Le 7 juillet 2021, la cour d'assises de la Loire-Atlantique a condamné Hubert Caouissin à trente ans de réclusion criminelle. Ce dernier a en effet été reconnu coupable par la cour de quatre meurtres, commis courant février 2017 non loin de Nantes, sur la famille Troadec. Celui-ci les suspectait de détenir un trésor composé de pièces et de lingots d'or. Sa femme, qui était également sa complice, a pour sa part été condamnée à trois années de prison, dont une année avec sursis.

Le procès Troadec

Credit Photo : Wikipédia Jibi44

Trente ans de réclusion criminelle pour un quadruple meurtre : la réaction des parties

Dans le courant du mois de février 2017, Hubert Caouissin a assassiné quatre membres de la famille Troadec, à leur domicile. Le verdict a finalement été rendu le 7 juillet par la cour d'assises de la Loire-Atlantique : ce dernier a été condamné à trente ans de réclusion criminelle et a également été reconnu coupable d'atteinte à l'intégrité des cadavres. Sa femme Lydie Troadec, qui a été sa complice, a quant à elle été condamnée à trois ans de prison, deux ans ferme, et une année avec sursis. Celle-ci avait aidé son mari, et, a été reconnue coupable de modification de scène de crimes ainsi que de recel de cadavre. À l'occasion de son verdict, la cour d'assises a également reconnu que le discernement de l'accusé était altéré au moment des faits ; ainsi, celui-ci a pu profiter d'une atténuation de peine comme le prévoit le Code pénal.

À ce sujet, l'avocat de l'accusé Me Thierry Fillion, a fait savoir qu'il s'agissait pour lui et pour son client d'« un soulagement » et que « la justice [était] passée ». Pour leur part, les avocats des parties civiles au procès, Me Olivier Pacheu et Me Cécile de Oliveira, ont fait savoir que le verdict prononcé, et tant attendu par les familles des victimes, était « très important » et ont souligné la lucidité de la cour d'assises au regard du scénario mis en place par l'auteur des faits, ce scénario « n'[ayant] pas convaincu ». 

Que s'est-il passé au domicile des Troadec ?

Hubert Caouissin, âgé d'une cinquantaine d'années, s'est rendu au domicile de la famille Troadec situé non loin de Nantes, dans la nuit du 16 au 17février 2017. Cette nuit-là, l'auteur des faits a assassiné, à l'aide d'un pied de biche, le père et la mère de la famille, Pascal et Brigitte Troadec, ainsi que les enfants du couple, Sébastien et Charlotte Troadec. Le mobile de ce crime : Hubert Caouissin suspectait la famille de détenir un trésor familial composé de pièces d'or et de lingots d'or… À la suite de ce quadruple meurtre, l'auteur des faits a emmené les victimes dans sa ferme, où il a procédé à la découpe des corps pendant plusieurs jours.

Hubert Caouissin dira, par ailleurs à l'occasion d'une de ces déclarations devant la cour qu'il « regrette infiniment ce qui s'est passé [au domicile des victimes] et ce qu'[il a] fait après ». Celui-ci a même demandé pardon aux victimes directes de ces meurtres ainsi qu'« à tous ceux qui ont été affectés ».

Le verdict du procès Troadec

Le mardi 6 juillet 2021, le ministère public avait demandé à ce que soit prononcée la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises à l'encontre d'Hubert Caouissin ; le ministère public a également demandé que soient prononcées vingt-deux années de période de sûreté à son encontre. Concernant sa femme et complice, le ministère public avait requis la peine maximale, à savoir : trois années d'emprisonnement ferme. 

Avant que la cour ne se retire pour délibérer et avant qu'elle ne prononce son verdict, les avocats d'Hubert Caouissin avaient vivement sollicité les jurés afin que ces derniers ne prononcent pas la peine maximale à l'encontre de leur client, rappelant par ailleurs que celui-ci était sujet à une « paranoïa atroce » qui avait eu pour conséquence ultime et terrible qu'il n'avait pas été en mesure de comprendre ce qu'il avait fait, et, qu'il se trouvait maintenant « dans une cage mentale (…), d'obsession et de délire. » L'un des avocats a même imploré les jurés de « tenir compte » de ces circonstances à l'occasion de leur délibéré, ajoutant que les experts psychiatriques et les psychologues qui ont rencontré l'auteur des faits avaient unanimement reconnu son altération de discernement au moment des faits.

Ces propos ont été prononcés alors que le jour précédent, le ministère public avait justement réclamé des jurés qu'ils n'en tiennent pas compte, jugeant de surcroît que « cette affaire [avait] quelque chose de glaçant, de sordide, d'extraordinaire » au regard d'une « stratégie de disparition des corps ». Qui plus est, au regard de cette stratégie employée par l'auteur des faits (et sa complice), le ministère public a considéré qu'il s'agissait ici d'une volonté de paralyser, d'obstruer les investigations de la police scientifique afin d'être en mesure de « servir [à la cour d'assises] l'histoire qui l'arrange ».

Cette histoire est somme toute assez simple : Hubert Caouissin s'est rendu au domicile des victimes afin de savoir ce qui s'est réellement passé, pour lui, à l'égard du vol d'un hypothétique trésor - trésor qui, par ailleurs, n'a jamais existé que dans la tête de l'auteur des faits.

En outre, le ministère public a finalement pointé du doigt, devant les jurés, les nombreuses incohérences et les calculs effectués part Hubert Caouissin afin de se disculper de toute responsabilité. Pour comprendre ces déclarations de la part du ministère public, il convient de se reporter aux interrogatoires ayant eu lieu à l'occasion des quinze jours pendant lesquels le procès s'est déroulé. En effet, interrogé sur les circonstances entourant le quadruple meurtre ainsi que les suites de celui-ci, l'auteur des faits a toujours su répondre avec exactitude en arguant toutefois ne pas se souvenir de tous les détails et a déclaré souffrir de « plein de trous noirs » depuis les faits en cause.

 

Sources : Le Figaro, Le Monde