Propos introductifs

Les toutes dernières élections législatives en Hongrie ont été marquées, comme bien d’autres élections nationales, par une campagne de désinformation importante. Elles ont toutefois le triste mérite d’être intéressantes à relever dans la mesure où elles furent marquées par des méthodes somme toute remarquables.

En effet, il est à relever que l’intelligence artificielle générative a été fortement déployée par le camp de l’ancien Premier ministre, Viktor Orban. L’utilisation de cette IA devait permettre d’accroître sa popularité auprès des électeurs hongrois et ainsi porter atteinte à l’image de son opposant, désormais vainqueur des élections et devenu depuis le nouveau Premier ministre du pays.

Notons que l’ancien Premier ministre hongrois est coutumier du fait depuis son arrivée au pouvoir en 2010, mais ce qui est véritablement remarquable réside dans la désinformation conséquente intensifiée par cet usage dévoyé de l’intelligence artificielle à cette occasion, et qui s’explique par sa position contrariée dans les sondages avant les résultats du scrutin. 

Qui étaient visés par cette campagne de désinformation ?

Notons une publication en particulier qui a été faite sur Facebook en début d’année. Dans cette vidéo générée par l’intelligence artificielle, les internautes y voient un soldat hongrois tué en Ukraine ; l’on y voit aussi sa famille l’attendre avec angoisse. La peur est ici utilisée par le parti de Viktor Orban et le message est le suivant : si celui-ci n’accède pas de nouveau au pouvoir, les soldats seront envoyés sur le front en Ukraine et ceux-ci y mourront.

Il est maintenant utile de noter le fait que le gagnant des élections ne s’est pas positionné en faveur de l’Ukraine de manière décisive. Celui-ci n’a pas non plus clairement précisé que des soldats hongrois y seront envoyés afin de lutter contre l’invasion russe qui dure maintenant depuis février 2022.

Indiquons maintenant que ce sont l’opposant de Viktor Orban, le président ukrainien Volodymir Zelensky ainsi que Ursula Von Der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui furent principalement visés par la campagne de désinformation massive observée en Hongrie ces derniers mois. Une publication publiée de nouveau sur Facebook, notamment, montrait le candidat Péter Magyar téléphoner à Ursula Von Der Leyen qui lui dictait la marche à suivre concernant le bien épineux dossier ukrainien. Le message sous-jacent était que l’Union européenne prendrait l’argent des Hongrois au profit de la cause ukrainienne, et ainsi au détriment du peuple hongrois si le candidat parvenait au pouvoir. Il était aussi question que le Premier ministre hongrois soit un instrument de Volodymir Zelensky qui serait parvenu à influencer les dirigeants européens. 

Une campagne de désinformation qui se base uniquement sur la peur

La campagne électorale qui a eu lieu en Hongrie a été fortement couverte par les médias français, qui se sont notamment intéressés à l’obnubilation de Viktor Orban envers l’Union européenne et la situation ukrainienne.

L’argument politique décidé par l’ancien Premier ministre hongrois, et qui joue principalement sur la peur,  peut s’expliquer par rapport à la situation économique compliquée du pays alors que pendant plusieurs années, ce dernier pouvait s’enorgueillir d’une situation économique nationale positive comparée à celle de bien d’autres États membres de l’Union européenne. Des publications ont été effectuées concernant cette situation économique et le contenu de celles-ci a tout simplement été inventé de toutes pièces. Ces publications ont été relayées grâce à des soutiens russes qui sont particulièrement efficaces lors des échéances électorales organisées au sein de l’Union européenne, surtout dans les pays de l’Est de l’organisation internationale.

Il est intéressant de noter que les soutiens russes sont de plus en plus nombreux et leur action est remarquable et suit un schéma homogène, à savoir le plus souvent un dénigrement complet des instituons européennes, sources selon eux de tous les maux des peuples européens. Soulignons le fait que le président russe, Vladimir Poutine, a même décidé de mobiliser les propagandistes russes les plus puissants qui comptent parmi ses proches.

Si les Russes sont accusés d’avoir voulu influer sur les résultats du scrutin, il n’en demeure pas moins que les Américains ne sont pas en reste dans cette élection. Précisons en effet que le président américain, Donald Trump, a soutenu l’ancien Premier ministre sur son réseau social, de même que J.D. Vance, le vice-président américain qui s’est personnellement rendu en Hongrie.

Malgré ces tristes constats, il n’en demeure pas moins que les électeurs hongrois en ont fait fi en décidant de porter au pouvoir l’opposant Péter Magyar.


Références

Anna Desmarais, Preuves fabriquées : la désinformation qui a pesé sur les législatives hongroises. (2026, 13 avril) Euronews. Consulté le 16/04/2026 sur : fr.euronews.com

Fabien Jannic-Cherbonnel, « Ça n’est pas notre guerre » : en Hongrie, Viktor Orban fait de l’Ukraine un bouc émissaire à l’approche des législatives.  (2026, 10 avril). FranceInfo. Consulté le 16/04/2026 sur : franceinfo.fr