Les principales suppressions de niches fiscales
Il existe aujourd’hui 474 niches fiscales légales en France : fiscalement parlant, ceci représenterait jusqu’à plus de 85 milliards d’euros par an. C'est la raison pour laquelle le projet de loi pour les finances prévoit, pour réaliser des économies et réduire le déficit, d’en supprimer vingt-trois, en l’occurrence celles qui sont jugées obsolètes du fait de l’évolution de la situation économique en France et de la répartition des finances au sein de différentes classes sociales françaises depuis leur mise en place.
Pour citer quelques exemples, on peut mentionner la suppression de la réduction d’impôt pour les parents ayant des enfants à charge scolarisés dans le secondaire ou le tertiaire, la suppression des avantages fiscaux liés à l’usage des biocarburants ou encore la fin des exonérations liées à des décorations étatiques. Mais de nombreuses autres niches fiscales seront conservées.
Le maintien de nombreuses niches fiscales
Si certaines niches fiscales seront supprimées, d’autres sont bel et bien maintenues. Pour prendre un exemple, on peut notamment citer le maintien de l’abattement fiscal de 10 % sur les retraites.
D’autres niches fiscales ne sont également pas évoquées dans le projet de loi, comme celles allant être modifiées, dont notamment beaucoup de niches fiscales qui concernent les entreprises, les détenteurs du patrimoine ou encore des crédits d’impôt quotidiens ; elles resteront par conséquent conservées. Certaines niches fiscales seront même renforcées.
La revalorisation de certaines niches fiscales existantes
Il s’agit notamment du doublement du plafond de la déduction fiscale sur les dons effectués à certains organismes reconnus comme étant d’utilité publique, ce que l’on appelle la réduction d’impôt « Coluche ». Cependant, cela reste à nuancer, car ce mécanisme ne peut être utilisé par un contribuable pour réaliser des économies à proprement parler, mais plutôt de répartir l’argent versé autrement. En effet, il s’agit d’organismes qui sont déjà financés par l’argent public, et la somme qui leur est versée en effectuant un don reste supérieure à la somme pouvant être déduite par les donateurs, car la déduction réalisable correspond à 75% du don, et qui en plus est plafonnée.
Ainsi, il ne s’agit pas ici d’instaurer de nouvelles niches fiscales, mais d’en renforcer certaines déjà existantes.
L’une des nouvelles niches fiscales : création du dispositif « Relance logement »
Il s’agira là d’un nouveau dispositif qui permettra de déduire des impôts une partie du prix de l’achat ainsi que des charges pour les logements acquis, à condition que ces logements soient neufs ou rénovés en partie par l’acquéreur. Dispositif mis en place en réponse à la crise immobilière et dans une optique d’alléger fiscalement certains contribuables tout en favorisant les logements neufs ainsi que leur rénovation. Cependant, c’est, là aussi, à nuancer, car cela reste une mesure provisoire et qui ne sera mise en place que pour 3 ans, sans garantie qu’elle soit reconduite au-delà de cette période.
De nouveaux dispositifs sociaux
Bien que le projet de loi ne prévoie réellement que peu de créations de nouvelles niches fiscales significatives, il instaure en revanche de nouvelles prestations sociales. Par exemple, on peut évoquer des primes attribuées par l’État à des particuliers permettant de financer la rénovation de son logement ou encore la revalorisation de celles complétant les salaires les plus modestes. Bien qu’il ne s’agisse pas de niches fiscales permettant de déduire des impôts, il s’agit de dispositifs permettant, dans les faits, de récupérer une partie des impôts payés. De fait, ce projet de loi est loin d’être limité aux mesures permettant de réaliser des économies.
Conclusion
Ainsi, le projet de loi pour les finances de 2026 se place initialement dans une optique de suppression des niches fiscales jugées trop coûteuses et obsolètes, réduction alors nécessaire pour combler le déficit budgétaire qui s’est creusé, et qui devrait surtout permettre de réaliser une économie de 5 milliards d'euros par an. Cependant, beaucoup de niches fiscales sont tout de même conservées et quelques-unes renforcées ou même créées, en plus de nouveaux dispositifs sociaux.
De ce fait, bien que devant permettre de réaliser des économies significatives, il ne s’agit pas d’un projet purement austère comme on aurait pu le penser à première vue, mais d’un budget certes économe, mais centré plutôt sur une évolution des niches fiscales ainsi que de la répartition de l’argent public.
Références
Club Patrimoine. (2025, 16 octobre). Budget 2026 : les niches fiscales dans le viseur du gouvernement. Consulté le 05/05/2026 sur : clubpatrimoine.com
ESCALLE, François. LENAIN, Patrick. REDONDA, Agustin. (2025, 26 octobre). Niches fiscales : « Il est temps de faire un grand ménage ». Les Échos. Consulté le 04/05/2026 sur : lesechos.fr
Gouvernement. (2026, 20 février). Loi de finances 2026 : ce qui change pour les particuliers. economie.gouv.fr. Consulté le 04/05/2026 sur : economie.gouv.fr
JÉGOUSSE, Clotilde. (2025, Le Parisien. Consulté le 04/05/2026 sur : leparisien.fr







