Charte de l’environnement : c’est quoi ?

La Charte de l’environnement n’est pas un texte à portée déclarative. Elle a une valeur juridique solide. Après l’apparition de la loi Duplomb, ses dispositions sont éclaircies par les juges du Conseil Constitutionnel.

Voir aussiConseil d'État, Assemblée, 3 octobre 2008, Commune d'Annecy, n° 297931 - Le décret pris le 1er août 2006 est-il conforme à la Charte de l'environnement ?

Son origine

La loi constitutionnelle du 1er mars 2005 représente la Charte de l’environnement. Elle est élaborée pendant le mandat du président Jacques Chirac. En 2005, les parlements français ont proposé ce texte. Son objectif est la protection de l’environnement. La Charte de l’environnement est une loi fondamentale :

·      Composée de 10 articles ; 

·      Faite partie intégrante du bloc de constitutionnalité ;

·      Possède une valeur constitutionnelle. 

Sa valeur

La Charte de l’environnement n’est pas un simple texte : 

·      Elle est placée au même titre que la Constitution de 1958 ;

·      Elle a une valeur égale à la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen (1789) ;

·      Elle s’impose aux lois ordinaires et aux autres textes infra légales. 

Le respect des dispositions de la Charte de l’environnement est assuré par le Conseil Constitutionnel. Ainsi, on peut contester une loi ou une décision administrative contraire à la Charte de l’environnement.

Voir aussiLa consécration de la Charte de l'environnement par le Conseil constitutionnel — Analyse de quatre arrêts marquants

Charte de l’environnement et loi Duplomb

Le Conseil Constitutionnel prononce sa décision sur la loi Duplomb. La violation de l’article premier de la Charte de l’environnement est constatée. Ce texte consacre le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. Cette décision du Conseil Constitutionnel du 7 août 2025 est importante. Elle affirme la véritable valeur de la Charte de l’environnement.

Les principes fondamentaux de la Charte de l’environnement

La Charte de l’environnement est un texte de référence juridique. Les juges du Conseil Constitutionnel appuient leur décision sur la base des principes fondamentaux de la Charte de l’environnement. Les articles de cette loi sont complets pour statuer sur l’affaire de la loi Duplomb :

· Article premier consacre le droit à un environnement sain. La réintroduction d’un pesticide comme l’acétamipride représente un danger. Elle menace la biodiversité et la santé humaine ;

· Article 2 exprime le devoir de préservation de l’environnement. Il pèse en premier sur les parlementaires. Les législateurs sont censés capables de voter une loi qui respecte l’environnement et la santé humaine. Par ailleurs, le devoir de préservation engage également les citoyens ;

· Article 5 prévoit le principe de précaution pris par l’autorité publique. L’État est tenu d’agir pour prévenir des dommages graves et irréversibles sur l’environnement ;

· Article 4 parle du droit à l’information environnementale ;

· Article 6 stipule le principe du développement durable. C’est le pilier de la Charte qui concilie l’économie et le social avec l’environnement ;

· Article 7 relate la participation du public à l’élaboration des décisions qui auront un impact sur l’environnement.

La loi Duplomb et la censure du Conseil Constitutionnel

La saisine du Conseil Constitutionnel est effectuée à travers la saisine des députés et sénateurs de gauche. La loi Duplomb, adoptée par la majorité, est contestée devant les juges constitutionnels.

L’article premier de la Charte de l’environnement

La loi Duplomb essaie de règlementer l’exercice du métier d’agriculteur. Toutefois, la Décision n° 2025-891 DC du 7 août 2025 est fondée sur l’article premier de la Charte de l’environnement.

Le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé est ainsi protégé par une loi constitutionnelle. C’est un droit subjectif à valeur constitutionnelle et s’impose au législateur. Il ne peut pas prévoir une dérogation à la réintroduction des substances néonicotinoïdes dans l’agriculture. 

Même à titre dérogatoire, l’autorisation de réintroduire cette substance peut nuire aux populations de pollinisateurs. C’est aussi un danger pour la santé puisqu’il peut engendrer une contamination des sols et de l'eau.

Voir aussiLa Charte de l'environnement (2005) : droits et devoirs de nature constitutionnelle

La censure du Conseil Constitutionnel

La Charte de l’environnement est promulguée en 2005. La décision du Conseil Constitutionnel constitue un tournant majeur depuis son application. C’est une sage décision puisque : 

·      Le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision en se basant sur la loi fondamentale ;

·      Elle n’est pas influencée par la politique publique ;

·      Le respect de l’environnement et de la santé prime l’intérêt économique.

Une protection renforcée de la Charte de l’environnement 

La jurisprudence du Conseil Constitutionnel est un grand pas pour l’histoire de l’environnement. Il a engendré une conséquence remarquable. Désormais, la Charte de l’environnement est acceptée comme une loi constitutionnelle.

Conséquence dans la jurisprudence environnementale

L’usage de l’acétamipride est interdit en France depuis plusieurs années. La loi Duplomb offre une occasion pour faire remonter l’importance de l’environnement dans la politique publique française. En effet, la décision n° 2025-891 DC du 7 août 2025 est une jurisprudence solide. Elle est devenue une sorte de balise pour les législateurs. Dès lors, il est plus difficile d’adopter une loi qui transgresse les normes environnementales.

La décision du Conseil Constitutionnel concerne les questions de la biodiversité. L’environnement et la santé humaine sont aussi au cœur de la priorité de l’Etat. La Charte de l'environnement n’est pas une simple déclaration de valeur. En effet c'est un bouclier juridique pour l'avenir.

La charte de l’environnement comme une loi constitutionnelle

La Charte de l’environnement est intégrée dans le bloc de la constitutionnalité. Ce qui renforce la légitimité du juge constitutionnel. Dans la censure de la loi Duplomb, il est considéré impartial. Sa décision est fondée sur le contrôle de constitutionnalité d’une loi. En l’espèce, il s’agit de la loi Duplomb.

Pour conclure, la Charte de l’environnement renferme des principes juridiques solides. La censure de l’article 2 de la loi Duplomb est une passerelle pour remonter l’importance de ce texte. A travers la décision n°2025-891 DC du 7 août 2025, le Conseil Constitutionnel a renouvelé la valeur constitutionnelle de ce texte.

Sources :

https://www.gossement-avocats.com/blog/loi-duplomb-la-nouvelle-derogation-a-linterdiction-des-substances-neonicotinoides-est-contraire-au-droit-de-chacun-de-vivre-dans-un-environnement-sain-et-equilibre-conseil-constitutionnel-7/

https://www.unsa.org/LOI-DUPLOMB-le-Conseil-constitutionnel-declare-l-article-relatif-a-la.html 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Duplomb#:~:text=La%20loi%20Duplomb%2C%20en%20format,et%20Franck%20Menonville%20(UD

https://www.actu-environnement.com/ae/news/charte-environnement-coup-arret-neonicotinoides-loi-duplomb-decision-conseil-constitutionnel-46615.php4

https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2025/2025891DC.htm